La Fédération de l’UPA-Estrie prend publiquement position dans le débat entourant le développement éolien dans la MRC de Coaticook. Ses délégués demandent une révision des distances séparatrices prévues dans le règlement de contrôle intérimaire de la MRC.
La résolution a été adoptée mardi à l’occasion de la 94e Assemblée générale annuelle de la Fédération, qui a réuni près de 100 personnes.
Les producteurs agricoles souhaitent que le règlement tienne davantage compte des bâtiments d’élevage, des limites de propriété et des projets futurs des entreprises agricoles. Ils craignent notamment que l’implantation d’éoliennes compromette éventuellement l’agrandissement ou le développement de certaines fermes.
«Le message des producteurs a été très clair. Ils veulent que le développement éolien se fasse en tenant compte de la réalité des fermes et qu’il ne vienne pas limiter leur capacité de se développer dans l’avenir», affirme le président de la Fédération de l’UPA-Estrie, Michel Brien.
La Fédération et le Syndicat local de l’UPA de Coaticook doivent rencontrer des représentants de la MRC au cours des prochains jours. L’organisation prévoit alors présenter les préoccupations exprimées par ses membres et discuter des ajustements qui pourraient être apportés au règlement.
Un dossier qui pourrait toucher d’autres MRC
L’UPA-Estrie estime que le débat ne se limite pas au territoire de Coaticook. Des discussions sur le développement éolien sont déjà en cours dans d’autres secteurs de l’Estrie. Une rencontre est notamment prévue avec la MRC du Val-Saint-François.
La Fédération souhaite intervenir plus tôt dans les démarches afin que les particularités du territoire agricole soient prises en considération avant que les projets soient trop avancés. Elle privilégie une approche régionale cohérente, tout en reconnaissant que chaque MRC possède ses propres caractéristiques.
Selon Michel Brien, une participation rapide des producteurs, des syndicats locaux et des municipalités pourrait faciliter la recherche d’un équilibre entre le développement énergétique et la protection des activités agricoles.
Des décisions qui appartiennent aussi aux propriétaires
L’UPA-Estrie rappelle que les MRC sont responsables d’établir les règles applicables sur leur territoire, mais que les propriétaires demeurent libres d’accepter ou de refuser une entente proposée par un promoteur éolien.
L’organisation soutient cependant que l’accumulation de décisions individuelles peut avoir des conséquences dépassant les limites d’une propriété. L’installation d’éoliennes sur certaines terres pourrait notamment influencer les possibilités de développement des entreprises voisines et l’utilisation future du territoire agricole.
«Chaque propriétaire demeure maître de sa décision lorsqu’une entente lui est proposée», précise Michel Brien. Il ajoute toutefois que la protection du territoire repose à la fois sur les décisions municipales, la mobilisation collective et les choix effectués par chaque propriétaire.
L’énergie solaire également abordée
Les questions énergétiques ont occupé une place importante durant l’assemblée générale. Les délégués ont aussi adopté une résolution demandant à l’Union des producteurs agricoles de jouer un rôle de premier plan dans le développement de l’énergie solaire sur les bâtiments agricoles.
Ils souhaitent notamment que les producteurs puissent vendre leurs surplus d’électricité à un prix compétitif. La résolution demande également à Hydro-Québec d’adapter certaines exigences afin de faciliter la réalisation de projets solaires en milieu agricole.
Pour l’UPA-Estrie, le développement éolien et l’énergie solaire soulèvent un même enjeu, soit la participation du milieu agricole à la transition énergétique sans compromettre la protection des terres et la capacité de production des entreprises.
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