Une soixantaine de citoyens se sont pointés à l’assemblée régulière du conseil municipal de Coaticook, mardi soir, dans le but de questionner les élus sur l’évolution du projet d’éoliennes sur le territoire. Rappelons que le conseil des maires de la MRC de Coaticook explore actuellement la possibilité d’ériger de 12 à 15 éoliennes sur les territoires de Coaticook, Dixville et Saint-Herménégilde. Que ce soit à Dixville, Saint-Herménégilde ou Coaticook, bon nombre de contribuables estiment ne pas détenir suffisamment d’informations pour un projet d’une telle ampleur. Qu’il suffise de mentionner qu’il en coûte entre 18 M$ et 22 M$ pour l’installation d’une seule éolienne. Un tel investissement exige nécessairement un emprunt important que doit, en partie, absorber la MRC et les municipaltés concernées.
RÉFÉRENDUM ?
Michel Drolet, un citoyen de Coaticook, s’est présenté au micro pour exprimer son incompréhension. Il se questionne sur le concept «d’acceptabilité sociale». Selon lui, si la comunauté peut préalablement exprimer son accord ou non, il se demande comment la Ville de Coaticook entend s’y prendre pour tâter le pouls de sa population ? Monsieur Drolet a terminé son intervention en réclamant la tenue d’un référendum au moment jugé opportun.
DÉCISION EN FÉVRIER
Le maire Simon Madore a reconnu «être dans le néant» pour le moment. «On n’a pas tous les chiffres, on ne connaît pas l’identité des propriétaires qui auraient signé des ententes de confidentialité». Mais il a tenu à dire que les gens auront l’opportunité de se commettre sur le projet en février 2027. C’est à ce moment que les gens vont exprimer leur accord ou non. À partir de ce constat, le conseil municipal de Coaticook va se positionner.
INNERGEX
Autre date importante à retenir: celle du jeudi 22 octobre. Des représentants de la compagnie Innergex se déplaceront à Coaticook pour présenter les grandes lignes du projet. À cette occasion, il sera possible de découvrir l’emplacement des éoliennes dans les trois municipalités. Il sera possible de savoir avec exactitude le coût d’une éoliene, les investissements requis pourf aménager le site pouvant accueillir l’infrastructure, le coût annuel de l’entretien de celles-ci, un aperçu des redevances, etc.
DE 7 À 14 ÉOLIENNES À COATICOOK
Selon un pamphlet explicatif disponible à l’entrée de l’Hôtel de ville de Coaticook, la Ville pourrait recevoir une redevance indexée de 6 227 $ apr MW installée/année. Ainsi, pour un potentiel de 7 à 14 éoliennes à Coaticook, cela représenterait des revenus annuels approximatifs variant de 261 535 $ à 610 246 $, indexés par la suite, et versés pendant 30 ans.
Le projet que souhaite mettre en place Innergex englobe un réseeau de câbles souterrains reliant les éoliennes entre elles ainsi que des chemins d’accès et des infrastructures électriques nécessaires à leur exploitation. L’électricité produite sera acheminée vers le réseau d’Hydro-Québec par une interconnexion à une ligne de 120 kV se dirigeant vers le poste de Coaticook.
45 MINUTES DE QUESTIONS
Pendant plus de 45 minutes, plusieurs citoyens ont paradé au micro dans le but de poser des questions. Karine Moreau, par exemple, souhaiterait que l’on parle «d’acceptabilité rurale» plutôt que «d’acceptabilité sociale». Elle fait valoir que ce sont les hbitants du milieu rural qui auront à subir les effets néfastes de la présence des éoliennes.
Le président de l’UPA de Coaticook, Philippe Stirniman (photo), a mentionné qu’il faut éviter de comparer la situation de notre région à celle du Granite (Mégantic), là où sont implantés des éoliennes depuis plus de 20 ans. La MRC de Coaticook en est une possédant de magnifiques terres agricoles à protéger. «Nous ne sommes pas carrément contre, mais il faudra que ce soit très bien encadré», dit-il. Le président de l’UPA fait notamment allusion aux distances séparatrices. Incidemment, l’UPA demand une distance minimal de 1000 mètres et non seulement de 700 mètres tel qu’adopté par la MRC.
Finalement, le citoyen Paul Cardyn souhaite ardemment que la décision finale sera celle des citoyens des communautés concernées et non celle des maires.
