Devenue mère à 14 ans, Kassandra Guimond élève aujourd’hui quatre garçons et dirige un service de garde à Saint-Isidore-de-Clifton. Elle a raconté son parcours à Nadia Fortin, lors du dernier épisode de l’émission Dans ma communauté, diffusée sur les ondes de CIGN FM.
La rencontre s’est déroulée au parc Laurence, à Coaticook, en présence de ses enfants, dont son fils aîné, Louka Guimond-Roy. Cassandra Guimond est tombée enceinte à 13 ans avant de donner naissance à son premier enfant l’année suivante.
Malgré son jeune âge, elle estime avoir vécu les mêmes apprentissages que les autres parents.
«Tu apprends par l’enfant plus que par ton rôle. À chaque enfant, tu es toujours en apprentissage», explique-t-elle.
Cinq ans séparent ses deux premiers garçons. Ses deux autres enfants sont ensuite nés à environ deux ans d’intervalle. Kassandra Guimond affirme pouvoir compter sur une famille élargie particulièrement présente. Avec ses frères et sa sœur, elle fait partie d’un réseau familial qui compte maintenant 17 enfants.
Un nouveau service de garde à Saint-Isidore-de-Clifton
Depuis le 19 mai, Kassandra Guimond travaille à la Garderie des Petits Bourgeons, qu’elle a ouverte avec une autre éducatrice à Saint-Isidore-de-Clifton.
Les deux femmes accueillent 12 enfants dans un local fourni à faible coût par la municipalité. Le terrain a également été clôturé afin de permettre aux enfants de profiter d’un espace extérieur sécuritaire.
Le projet s’inscrit dans le modèle des services de garde éducatifs en communauté. La Loi instituant ce nouveau mode de garde, adoptée en juin 2026, permet à une ou deux responsables d’accueillir des enfants ailleurs que dans leur résidence, notamment dans un local municipal ou communautaire.
«J’aime les voir évoluer, les voir grandir et apprendre à les connaître», raconte l’éducatrice.
Des pompiers et une hygiéniste dentaire ont notamment visité le service de garde depuis son ouverture. Selon Kassandra Guimond, les 12 places sont actuellement occupées et une liste d’attente a déjà été constituée.
Peu de temps pour elle-même
Son travail terminé, la mère de famille rentre à la maison pour retrouver ses quatre garçons.
«Je finis mon chiffre à la garderie, puis je commence mon deuxième chiffre à la maison comme maman», résume-t-elle.
Elle dit avoir souvent fréquenté la Maison de la famille de la MRC de Coaticook, notamment le Café Parent’Jase. Elle y a trouvé un lieu permettant aux enfants de jouer et aux parents d’échanger avec d’autres personnes vivant des réalités semblables. Elle a également fait du bénévolat à la friperie de l’organisme.
Kassandra Guimond souhaiterait que davantage d’activités et de services destinés aux familles demeurent accessibles pendant toute la saison estivale.
Un milieu familial ouvert et solidaire
Son fils Louka souhaite pour sa part devenir policier afin de répondre aux appels et d’intervenir auprès des personnes ayant besoin d’aide. Amateur de soccer, il accorde aussi une grande importance au respect et dit aimer prendre soin des autres.
«J’aime bien faire attention aux autres», affirme l’adolescent.
La famille a également abordé avec ouverture le parcours de transition de Louka. Mme Guimond explique que les changements se sont faits progressivement et que son fils a été accompagné par des professionnels de la santé.
«Je n’ai jamais été dans le jugement. Ça s’est fait graduellement», témoigne-t-elle.
Elle ajoute que la présence d’une autre personne trans dans la famille permet aussi à Lucas de poser des questions et d’obtenir du soutien.
Huit semaines à la rencontre de la communauté
Ce portrait concluait la saison estivale de Dans ma communauté. Pendant huit semaines, Nadia Fortin est allée à la rencontre de citoyens, de familles et de travailleurs de différentes municipalités de la MRC de Coaticook.
