La candidate libérale dans Saint-François, Jacqueline Belleau, et le Parti libéral du Québec s’engagent à faire de la pérennité du Centre d’innovation agricole de Coaticook et du développement de son campus de formation agricole des priorités d’un premier mandat.
Si elle est élue, Mme Belleau promet d’entreprendre rapidement des démarches auprès des établissements d’enseignement, des ministères concernés et des partenaires régionaux afin de faire progresser ces deux dossiers.
L’annonce a été faite en présence d’Hugo Fontaine, candidat libéral dans Richmond, et de Sylvain Houle, candidat du PLQ dans Mégantic.
Un engagement ferme de la candidate
Jacqueline Belleau affirme connaître le CIAgricole depuis plusieurs années, notamment grâce au travail qu’elle a effectué auprès de l’ancienne députée et ministre fédérale Marie-Claude Bibeau.
«Si la MRC de Coaticook est l’une des plus belles régions agricoles du Québec, le CIAgricole en est certainement l’un des joyaux», a-t-elle déclaré.
La candidate soutient avoir souhaité s’impliquer dans ce dossier dès sa décision de briguer les suffrages dans Saint-François. Elle affirme maintenant avoir obtenu l’engagement de son parti afin d’appuyer les démarches du Centre.
Mme Belleau n’a toutefois pas annoncé de montant précis ni d’échéancier détaillé pour la réalisation de cette promesse.
Un modèle présent depuis 35 ans
Depuis 35 ans, le CIAgricole cherche à créer des liens entre la formation, la recherche, l’innovation et les entreprises agricoles.
Sa ferme-école et ses infrastructures permettent notamment de former des étudiants, d’expérimenter de nouvelles pratiques et de transférer des connaissances dans des conditions réelles.
Le Centre travaille en partenariat avec le Centre régional d’initiatives et de formation en agriculture, mieux connu sous l’acronyme CRIFA, le Cégep de Sherbrooke et l’Université de Sherbrooke. Ses activités rayonnent ainsi dans l’ensemble des Cantons-de-l’Est et ailleurs au Québec.
Situé à Coaticook, à environ 34 kilomètres de Sherbrooke et à 30 kilomètres de Magog, le CRIFA est un centre d’excellence en agriculture et en horticulture. Il est le seul établissement des Cantons-de-l’Est à regrouper différents diplômes d’études professionnelles liés aux métiers de l’agriculture et de l’horticulture ainsi que plusieurs organismes du secteur.
Stabiliser le financement
Afin d’assurer sa pérennité, le CIAgricole souhaite faire évoluer son modèle financier. Celui-ci reposerait sur une combinaison de soutien gouvernemental à la mission, de reconnaissance institutionnelle et de revenus autonomes.
Le Centre génère déjà certains revenus, notamment grâce aux activités de sa ferme laitière. Son directeur général, Anthony Laroche, estime toutefois que l’absence d’un financement récurrent et stable limite sa capacité à planifier son développement à long terme.
En poste depuis janvier 2020, M. Laroche affirme que l’organisation doit effectuer des démarches auprès de plusieurs ministères puisque ses activités touchent à la fois l’agriculture, l’éducation et l’innovation.
Il souhaite que ces ministères se réunissent afin de trouver une solution commune, en collaboration avec les établissements d’enseignement, les producteurs agricoles et les autres partenaires régionaux.
«La solution est dans tous ces ministères. Il faut les rassembler et trouver une réponse commune», a-t-il expliqué.
Jacqueline Belleau partage ce constat. Elle estime que les différents intervenants travaillent encore trop souvent en vase clos.
«La vision est là et le plan est là. Il suffit de trouver la façon de le faire ensemble», a-t-elle soutenu.
Le Quartier du Plateau
Le Quartier du Plateau constitue la plus récente étape du plan de développement du CIAgricole. Le projet vise à consolider à Coaticook un véritable milieu consacré à la formation agricole autour du CRIFA, de la ferme-école et des infrastructures déjà existantes.
Une portion d’environ sept hectares, située en zone blanche à l’intérieur du périmètre urbain de Coaticook, pourrait accueillir de nouvelles résidences destinées prioritairement aux étudiants ainsi qu’un bâtiment institutionnel.
À plus long terme, ce bâtiment pourrait comprendre des salles de classe, des ateliers, des garages, des espaces de réunion et des salles de conférence. Ces installations pourraient servir au CRIFA, au Cégep de Sherbrooke et à l’Université de Sherbrooke.
Cette dernière souhaite notamment avoir accès à des ateliers situés à proximité de terres agricoles afin d’y expérimenter de nouvelles technologies.
Selon Anthony Laroche, le projet répondrait à plusieurs besoins. Le CRIFA fonctionne actuellement à pleine capacité et aurait essuyé trois refus à ses demandes d’agrandissement auprès du ministère de l’Éducation. Le Cégep de Sherbrooke doit également composer avec un manque d’espace pour ses activités de formation à Coaticook.
M. Laroche affirme aussi avoir constaté que certains étudiants éprouvaient des difficultés à trouver un logement pour venir étudier en agriculture dans la région.
Le Quartier du Plateau prévoit éventuellement la construction de 98 logements étudiants et abordables au bout de la rue Roy. Une première phase de 36 logements avait notamment été envisagée.
Des discussions se poursuivent cependant avec la Société d’habitation du Québec afin de régler certains enjeux administratifs. Selon le directeur général, des sommes seraient déjà réservées par les partenaires gouvernementaux, mais certaines conditions doivent encore être clarifiées.
Le développement du terrain pourrait aussi procurer de nouveaux revenus autonomes au CIAgricole par l’entremise de formules de location à long terme, notamment des baux emphytéotiques.
Une collaboration à l’échelle régionale
La présence d’Hugo Fontaine et de Sylvain Houle à l’annonce visait également à souligner la portée régionale du projet.
Les candidats libéraux souhaitent favoriser davantage de collaborations entre les acteurs agricoles de Coaticook, de Richmond et de Mégantic. Les secteurs agricole et acéricole pourraient notamment profiter d’un meilleur partage des connaissances et des ressources.
Pour Jacqueline Belleau, la pérennité du CIAgricole et la réalisation du campus nécessiteront une mobilisation des établissements d’enseignement, des entreprises, des producteurs, des ministères et des partenaires régionaux.
La candidate se dit prête à entreprendre ce travail dès le début d’un premier mandat afin que le projet puisse progresser et que le CIAgricole poursuive sa mission de formation, de recherche et d’innovation agricole.
