L’autrice Marie-Eve Hudon a profité de la journée «Le 12 août, j’achète un livre québécois» pour lancer son nouveau roman, Frissons à l’affiche, au Cinéma Coaticook. Le choix du lieu était tout indiqué puisque le cinéma occupe une place centrale dans cette histoire publiée aux Éditions JCL.

Ce cinquième roman de Marie-Eve Hudon entraîne les lecteurs à Maple Hollow, où Violette Beauregard revient après 20 ans d’absence. À la demande de sa sœur Dahlia, nouvellement élue mairesse, l’ancienne enseignante accepte de participer à l’organisation d’un festival d’Halloween consacré aux sorcières.

Sa mission se complique rapidement, elle doit composer avec un comité organisateur coloré, décorer un vieux cinéma que certains disent hanté et choisir les films qui y seront projetés. À cela s’ajoute la présence de Jérôme, son amour d’adolescence, qui ravive des sentiments et des souvenirs qu’elle croyait enfouis.

Les codes du genre maîtrisés

Marie-Eve Hudon maîtrise à la perfection les principaux codes de la «chick lit», un genre de littérature populaire traditionnellement associé à des romans écrits par des femmes et destinés principalement à un lectorat féminin. Humour, romance, remises en question, personnages attachants et recherche du bonheur s’entremêlent dans un récit léger en apparence, mais capable d’aborder des thèmes plus profonds.

L’autrice ne se contente toutefois pas de reproduire une formule connue. Elle y ajoute une ambiance automnale enveloppante, un soupçon de mystère et plusieurs secrets familiaux qui donnent davantage de profondeur à l’intrigue. La romance demeure au cœur du roman, mais elle accompagne surtout le cheminement de Violette, une femme à la croisée des chemins qui doit affronter son passé pour déterminer ce qu’elle souhaite réellement pour la suite.

La relation entre les femmes de la famille Beauregard occupe également une place importante dans le récit. Marie-Eve Hudon décrit son roman comme une histoire comprenant «beaucoup de sororité», portée par des personnages féminins chaleureux et solidaires.

Une écriture très cinématographique

Avec ses citrouilles, ses chandelles à la flamme noire, ses films d’épouvante et son vieux cinéma prétendument hanté, Frissons à l’affiche possède une identité visuelle particulièrement forte. L’univers est facile à imaginer et donne presque l’impression d’assister soi-même au festival d’Halloween de Maple Hollow.

Cette dimension visuelle n’est pas le fruit du hasard. «On m’a souvent dit que j’avais une écriture un peu cinématographique», a souligné Marie-Eve Hudon.

Le rythme du roman contribue également à cette impression. «Ce sont des chapitres courts qui font de belles scènes. C’est assez rythmé», précise-t-elle. L’autrice reconnaît d’ailleurs qu’une adaptation à l’écran représenterait un rêve, même si aucun projet n’est encore officiellement en préparation. «Je vais lancer ça dans l’univers», a-t-elle lancé avec le sourire.

Une lecture réconfortante

Le roman trouve un bel équilibre entre les petits frissons, les papillons amoureux et les émotions plus intimes. La plume accessible et vivante de Marie-Eve Hudon rend la lecture fluide, tandis que les personnages secondaires apportent humour et énergie au récit.

L’autrice s’est notamment inspirée du film Amour et magie, mettant en vedette Sandra Bullock et Nicole Kidman. Elle dit avoir été séduite par l’univers de «deux sœurs fortes qui se tiennent et qui bravent un peu la tempête».

Cette influence se ressent dans la solidarité qui unit les personnages, mais aussi dans l’ambiance mystérieuse entourant la famille Beauregard. L’histoire conduira même les lecteurs jusqu’à Salem, ville américaine étroitement associée à l’histoire des sorcières.

«C’est vraiment un roman d’automne», résume Marie-Eve Hudon.

Frissons à l’affiche est une comédie romantique réconfortante, idéale pour les personnes qui aiment les histoires d’amour, les villages pittoresques, les secrets de famille et l’ambiance de l’Halloween. Avec ce nouveau roman, Marie-Eve Hudon démontre une fois de plus son habileté à créer des personnages attachants et des univers dans lesquels il fait bon se réfugier.

Le roman est publié par Les Éditions JCL.