La Ferme Wera de Waterville dresse un bilan positif de sa saison des fraises, même si les séquelles de la sécheresse de 2025 ont réduit de plus de moitié sa superficie en production et forcé l’entreprise à limiter considérablement son offre d’autocueillette.

«La saison des fraises 2026 a été favorable», résume avec satisfaction le copropriétaire Martin Bergeron.

La météo a largement contribué au succès de la récolte. Les pluies et les températures douces de mai et de juin ont favorisé la croissance des plants, tandis que la chaleur et le soleil ont permis aux fraises de mûrir dans des conditions idéales. Selon M. Bergeron, les précipitations n’ont pas été excessives:

«On ne pouvait pas demander bien mieux», affirme-t-il.

Les nombreuses journées ensoleillées et la canicule ont également attiré une forte clientèle au kiosque de la ferme, le célèbre camion rouge installé en bordure de route, où les ventes sont demeurées soutenues tout au long de la saison.

Si les conditions météorologiques de cette année ont été idéales, les conséquences de la sécheresse de l’été dernier se sont toutefois fait sentir dans les champs. Malgré l’irrigation, les conditions de 2025 ont empêché la régénération d’environ 10 acres de fraisiers après la récolte. Résultat : seulement six acres étaient en production cet été, comparativement à une quinzaine lors d’une saison normale. M. Bergeron :

Cette diminution de plus de 50 % de la superficie cultivée a contraint l’entreprise à réduire considérablement son offre d’autocueillette. Alors que l’activité est habituellement offerte tous les jours pendant environ deux semaines, seulement cinq demi-journées ont pu être proposées cette année afin de réserver suffisamment de fruits pour le kiosque de vente directe.

Malgré ces restrictions, la clientèle a été au rendez-vous. Les fraises se sont écoulées rapidement, tant au kiosque qu’en autocueillette.

Retour graduel à la normale

La Ferme Wera entrevoit maintenant un retour progressif à une superficie de production plus près de la normale. Huit acres de nouveaux plants ont été implantés ce printemps et devraient permettre d’exploiter entre 12 et 14 acres de fraises en 2027, comparativement aux six acres cultivés cette année.

L’entreprise entend également diversifier sa production avec une première culture de fraises d’automne. M. Bergeron :

La récolte devrait débuter à la fin de juillet ou au début d’août. Si les volumes sont au rendez-vous, une période d’autocueillette pourrait être offerte vers la fin août ou au début de septembre, au moment où la récolte atteindra son plein potentiel.

Pour soutenir cette croissance, la ferme emploie actuellement trois travailleurs étrangers temporaires originaires du Guatemala, en plus de faire appel à des équipes de travailleurs de la région de Sherbrooke pour la cueillette et le désherbage. Un quatrième travailleur étranger pourrait être embauché l’an prochain si la production de fraises d’automne prend de l’ampleur.

Hausse des coûts, prix ajustés

Les prix ont aussi été légèrement ajustés à la hausse, soit environ 50 cents de plus par kilogramme en autocueillette et près d’un dollar de plus par litre au kiosque, afin de compenser une partie de l’augmentation des coûts de main-d’œuvre, d’énergie et des intrants. Cette légère augmentation ne suffit toutefois pas à suivre la hausse des coûts de production.

Martin Bergeron affirme que la ferme s’efforce de maintenir des prix accessibles en absorbant une grande partie des hausses des coûts de main-d’œuvre, des engrais, du diesel et d’autres intrants, afin de demeurer compétitive face aux grandes chaînes d’alimentation, qui cherchent souvent à attirer les consommateurs avec des fraises vendues à rabais durant la même période de l’année.

L’entreprise mise néanmoins sur le goût, la fraîcheur et la qualité de ses fraises pour se démarquer.

Après la saison des fraises, la Ferme Wera se prépare maintenant à accueillir les premières récoltes de maïs sucré, attendues au cours des prochains jours, avant d’entamer sa toute première saison de fraises d’automne.

Photos: gracieuseté de la Ferme Wera