Les objets anciens ne racontent pas seulement une histoire. Ils ravivent aussi des souvenirs. C’est sur cette idée que repose Le Campoticaire, une boutique éphémère ouverte depuis quelques mois sur la rue Child, au centre-ville de Coaticook. Derrière ce projet se trouve Daniel Campeau, un passionné de collection qui souhaite offrir une seconde vie à des milliers d’objets accumulés au fil des décennies.

Dès que l’on franchit la porte, l’impression est saisissante. Les murs colorés, les objets suspendus, les meubles anciens, les œuvres d’art et les pièces de collection créent une ambiance qui rappelle davantage un décor de cinéma qu’une boutique traditionnelle. Daniel Campeau explique avoir voulu aménager chaque espace comme une scène afin de surprendre les visiteurs.

«J’aime les beaux objets. Je viens du monde des communications et du théâtre, alors j’ai créé différentes ambiances pour que les gens entrent et disent : « Wow! »», raconte-t-il.

La collection rassemble des objets provenant de plusieurs époques et de différents pays. On y retrouve notamment de la céramique de Beauce, des paniers du Sénégal, des affiches publicitaires européennes, des œuvres de collection ainsi que des antiquités de plus de cent ans. Plusieurs pièces ont été dénichées dans des brocantes, des ventes de garage ou auprès de collectionneurs rencontrés au fil des années.

Préserver une mémoire collective

Au-delà de l’aspect commercial, Daniel Campeau voit son projet comme une façon de préserver une partie du patrimoine québécois.

Selon lui, plusieurs objets anciens quittent le Québec pour être acquis par des collectionneurs étrangers. Il considère ainsi son rôle comme celui d’un gardien de la mémoire, en conservant des objets qui témoignent de différentes périodes de notre histoire.

Cette volonté de transmettre le patrimoine se manifeste également auprès des plus jeunes. Téléphones à cadran, baladeurs à cassette, cartouches 8 pistes ou anciens vinyles deviennent autant de découvertes pour une génération qui n’a jamais utilisé ces technologies.

«Un jeune de 20 ans regarde un téléphone à roulette et se demande comment on envoyait un texto avec ça», raconte-t-il en souriant.

Un apport à l’animation du centre-ville

En choisissant de s’établir au centre-ville de Coaticook, Daniel Campeau espère également contribuer à la vitalité commerciale de la rue Child.

Il estime que les petites municipalités doivent se distinguer par des commerces spécialisés afin d’attirer les visiteurs, à l’image de plusieurs villages touristiques des Cantons-de-l’Est. Selon lui, une boutique au concept unique peut devenir une attraction complémentaire aux attraits déjà connus de la région, comme Foresta Lumina.

Une boutique… et un lieu culturel

L’espace sert aussi de salle de diffusion à petite échelle. Après avoir organisé un concert de jazz au printemps, Daniel Campeau prévoit d’autres spectacles intimistes ainsi que des vernissages mettant en valeur des artistes de la région.

Ancien producteur de spectacles, il souhaite faire de l’endroit un lieu de rencontres culturelles en plus d’un commerce d’antiquités.

Une expérience limitée dans le temps

Le Campo Tiquaire ne restera toutefois pas ouvert de façon permanente. La boutique, qui a ouvert ses portes au printemps, fermera à la fin de l’été.

Les visiteurs peuvent s’y rendre jusqu’en septembre, du jeudi au dimanche, afin de découvrir un univers où chaque objet possède sa propre histoire et où les souvenirs occupent une place aussi importante que les antiquités elles-mêmes.