La candidate du Parti québécois dans Saint-François, Sylvie Tanguay, souhaite faire de la santé, du coût de la vie et du logement ses principales priorités si elle est élue le 5 octobre. Elle estime également que la population doit obtenir davantage d’information avant que les projets éoliens envisagés dans la MRC de Coaticook puissent aller de l’avant.
Infirmière depuis 23 ans au CIUSSS de l’Estrie–CHUS, Sylvie Tanguay travaille en pédiatrie à l’Hôpital Fleurimont. Elle occupe également un poste d’assistante infirmière-chef depuis près de 15 ans.
Cette expérience professionnelle constitue l’un des principaux piliers de sa candidature. Elle affirme avoir collaboré au plan de santé présenté par le Parti québécois lors de la campagne électorale de 2022.
Sylvie Tanguay se présente pour une deuxième fois dans Saint-François. Après avoir terminé au quatrième rang en 2022 avec environ 9% des voix, elle est demeurée active au sein de l’association péquiste de la circonscription et des instances nationales du parti.
Le coût de la vie au cœur des préoccupations
Selon la candidate, le coût de la vie est l’enjeu qui revient le plus souvent dans ses échanges avec les citoyens.
Le prix de l’épicerie, de l’essence et des logements exerce une pression croissante sur les familles, les jeunes et les personnes âgées, affirme-t-elle. L’accès à la propriété est également devenu plus difficile pour une partie de la population.
Sylvie Tanguay soutient que la crise du logement était déjà présente avant l’augmentation récente de l’immigration. Elle reproche au gouvernement sortant d’avoir tardé à reconnaître l’ampleur du problème, particulièrement dans les régions.
La candidate souhaite favoriser la construction de logements abordables et hors marché, notamment par l’intermédiaire de coopératives d’habitation et d’organismes à but non lucratif.
Réduire l’immigration temporaire tout en répondant aux besoins régionaux
Sur le plan de l’immigration, Sylvie Tanguay rappelle que plusieurs secteurs de la MRC de Coaticook dépendent des travailleurs étrangers, particulièrement l’agriculture et le secteur manufacturier.
Elle appuie toutefois la proposition du Parti québécois visant à réduire d’environ 50% le nombre d’immigrants temporaires. Selon les chiffres avancés par la candidate, leur nombre serait passé d’environ 180 000 en 2018 à plus de 500 000 en 2026.
Elle souhaite prioriser l’accès à la résidence permanente pour les personnes déjà établies au Québec et orienter davantage l’immigration vers les régions où les besoins de main-d’œuvre sont importants.
«On parle d’êtres humains qui arrivent ici avec l’espoir de s’installer et d’être bien accueillis», a-t-elle souligné. Selon elle, le Québec doit être en mesure d’offrir des logements, des services publics et des programmes de francisation adéquats.
Un retour souhaité des services d’urgence la nuit
La fermeture de l’urgence de l’hôpital de Coaticook entre 20h et 8h représente un enjeu prioritaire pour Sylvie Tanguay.
Elle reconnaît que le renforcement de la couverture ambulancière constitue une amélioration, mais juge cette mesure insuffisante pour un territoire aussi vaste que celui de la MRC de Coaticook.
L’infirmière croit qu’un service permettant de stabiliser les patients avant leur transfert vers Sherbrooke devrait être envisagé. Elle propose notamment d’évaluer la possibilité de compter sur un urgentologue de garde et une équipe pouvant être mobilisée lors d’un arrêt cardiorespiratoire ou d’un traumatisme grave.
«Il faut les amener à Sherbrooke, mais il faut d’abord être capable de les stabiliser», a-t-elle expliqué.
Encore trop de questions sur les projets éoliens
Sylvie Tanguay était présente à la rencontre d’information sur les projets éoliens tenue mardi à l’école secondaire La Frontalière. Elle dit y avoir constaté une population profondément divisée.
La candidate reconnaît que les projets pourraient générer des revenus supplémentaires pour les municipalités, qui doivent composer avec d’importants besoins en infrastructures. Elle estime toutefois que plusieurs questions demeurent sans réponse concernant le financement, l’endettement, les conséquences environnementales et les retombées réelles.
Elle refuse pour le moment de prendre position et souhaite approfondir le dossier. Elle considère que l’acceptabilité sociale doit être prise en compte avant toute décision.
Un financement à la mission pour le communautaire
La candidate péquiste souhaite également offrir un financement plus stable aux organismes communautaires et alléger leurs obligations administratives.
Elle considère ces organismes comme une porte d’entrée essentielle vers les services sociaux, particulièrement pour les personnes en situation de pauvreté ou d’itinérance. Selon elle, leurs employés devraient pouvoir consacrer davantage de temps aux citoyens plutôt qu’aux demandes de subvention et à la reddition de comptes.
La souveraineté toujours au programme
Sylvie Tanguay réaffirme finalement son appui à la souveraineté du Québec. Elle soutient que le Parti québécois chercherait d’abord à «stabiliser le Québec» avant de proposer une consultation populaire vers la fin d’un premier mandat.
La candidate estime qu’un gouvernement majoritaire serait nécessaire pour réaliser le programme du parti. Elle terminera sa campagne par des activités sur le terrain avant de suivre les résultats électoraux lundi soir à Sherbrooke, en compagnie du candidat péquiste dans Sherbrooke, Gabriel Pallotta.
