La prévention des incendies et la préparation aux situations d’urgence reposent sur un important travail réalisé en amont par la MRC de Coaticook. François Thibault, technicien junior en prévention incendie, et Alain Patry, coordonnateur à la sécurité publique, ont présenté les différentes facettes de leur travail lors d’une entrevue accordée à l’émission L’Éclatée, sur les ondes de CIGN FM.

François Thibault réalise principalement des inspections préventives dans les bâtiments présentant des risques plus élevés, notamment les commerces, les industries, les établissements agricoles et les institutions. Les visites résidentielles sont plutôt effectuées par les pompiers des différents services incendie.

Lors de ses inspections, le technicien vérifie notamment la conformité des issues de secours, l’entretien des extincteurs et la présence de matières dangereuses. Dans les entreprises agricoles, certaines précautions supplémentaires doivent être prises afin de respecter les mesures de biosécurité.

Ces visites permettent également de préparer ou de mettre à jour les plans d’intervention remis aux pompiers. Les emplacements des réservoirs de propane, des entrées électriques, des bâtiments et des matières dangereuses y sont notamment indiqués.

Ces renseignements peuvent aider les pompiers à élaborer leur stratégie avant même leur arrivée sur les lieux d’une intervention.

«Ils savent déjà un peu vers quoi ils s’en vont et où sont situées les matières dangereuses», explique François Thibault.

La MRC prévoit environ 334 inspections annuelles dans les bâtiments présentant des risques moyens, élevés ou très élevés. Environ 1580 visites résidentielles sont également réalisées par les services incendie. La fréquence des inspections varie selon le type de bâtiment. Les écoles et les garderies peuvent notamment être visitées chaque année, tandis que d’autres établissements le sont tous les cinq ans.

Le travail de prévention comprend aussi des activités de sensibilisation et des formations sur l’utilisation des extincteurs dans les industries et les établissements scolaires.

Des plans pour affronter différents sinistres

De son côté, Alain Patry consacre environ 60% de ses fonctions à la sécurité civile et 40% à la sécurité incendie. Il accompagne notamment les municipalités dans la préparation de leurs plans d’urgence.

Ces documents recensent les risques présents sur leur territoire et établissent les procédures à suivre lors d’un incendie, d’une inondation, d’un épisode de verglas ou d’un autre sinistre. Ils prévoient les mécanismes d’alerte, la mobilisation des ressources, l’évacuation, le confinement et l’hébergement des personnes sinistrées.

«Le plan devient une petite bible pour la municipalité lorsqu’un sinistre survient», résume Alain Patry.

Les plans sont révisés chaque année afin de mettre à jour les coordonnées des personnes responsables, les ressources disponibles et les mesures prévues. Le coordonnateur doit également tenir compte de certains risques particuliers, comme la présence de barrages et les conséquences possibles d’une anomalie sur les cours d’eau environnants.

Une collaboration qui dépasse les frontières municipales

Alain Patry analyse aussi les interventions réalisées par les services incendie du territoire. Il examine les délais de mobilisation et d’arrivée des pompiers afin de vérifier si les ressources appropriées ont été déployées.

Au cours de la dernière année analysée, les services incendie ont répondu à environ 350 appels, auxquels se sont ajoutées 78 interventions d’entraide auprès de municipalités voisines.

Trois casernes desservent principalement le territoire de la MRC, soit celles de Coaticook, de Compton et de Waterville. Des ententes avec des services voisins permettent toutefois d’améliorer la couverture dans certains secteurs. Le service incendie de Beecher Falls, aux États-Unis, peut notamment intervenir dans une partie de Saint-Herménégilde en raison de sa proximité géographique.

François Thibault et Alain Patry participent également à la recherche des causes et des circonstances des incendies. Ils recueillent les témoignages et examinent les lieux afin de déterminer l’origine probable du feu. Le dossier est transféré à la Sûreté du Québec lorsque des éléments laissent croire que l’incendie pourrait ne pas être accidentel.