Les promoteurs derrière le projet Cohabitat Compton souhaitent voir une levée partielle du moratoire en vigueur à Compton pour concrétiser ce projet de coopérative d’habitation intergénérationnelle. Du côté de la Ville, le maire veut attendre que le Plan particulier d’urbanisme soit terminé avant de lever moratoire, et il ne compte pas faire d’exception. 

Annie et Rémi Lamontagne était présents en studio jeudi pour parler du projet Cohabitat Compton et de l’activité organisée le 9 mai prochain afin de recueillir des appuis pour permettre au projet d’avancer.

«On sent que le projet est bien reçu à la Ville. On a un appui moral, mais maintenant, on aurait besoin d’un appui concret pour aller de l’avant», a expliqué Rémi Lamontagne.

Les promoteurs ont indiqué qu’ils ne demandent pas une exemption complète, mais plutôt une levée partielle adaptée à la réalité particulière du logement communautaire. «Le logement communautaire doit être vu différemment du développement conventionnel», a soutenu M. Lamontagne, ajoutant que plusieurs municipalités du Québec ont déjà adopté des approches similaires pour permettre la réalisation de projets comparables.

CIGN FM est allée à la rencontre du maire de Compton, Jean-Pierre Charuest, pour avoir sa vision de la situation. «On comprend la situation du projet Cohabitat [Compton], a-t-il exposé. Quand on a rencontré les promoteurs, ils ont insisté pour que la levée du moratoire soit équitable. On ne veut pas favoriser un projet plus qu’un autre et le conseil municipal a adopté la posture de respecter l’équité. Quand on va lever le moratoire, ça va être pour tous les promoteurs, pas seulement pour un projet de temps en temps.»

Le Plan particulier d’urbanisme toujours en chantier

Le moratoire avait été imposé pour permettre au conseil municipal de rédiger le Plan particulier d’urbanisme, document permettant de bien planifier le développement du territoire. «On est toujours à l’étude du Plan particulier d’urbanisme, poursuit M. Charuest. On avait commencé en 2025, mais on a dû cesser les travaux en période électorale.»

Avec plusieurs potentiels projets de logement à Compton, le maire veut s’assurer que la municipalité est outillée pour accueillir de nouveaux citoyens. «Au fil des années, on a eu des rencontres avec des promoteurs et quand on fait le cumul de tout ça, on se ramasse à quelque part entre 600 et 700 portes. Une telle arrivée de nouvelle population va mettre une pression incroyable sur les infrastructures», indique Jean-Pierre Charuest.

«Des études ont été complétées pour la capacité des eaux usées. On est en étude pour la capacité d’eau potable. Et on est en discussion avec le Centre de service scolaire des Hauts-Cantons pour la capacité d’accueil de l’école. C’est des choses qui vont déterminer la capacité d’accueil maximale que la municipalité est prête à accueillir», ajoute-t-il.

Le maire tient à souligner que le conseil travaille d’arrache-pied. «On travaille fort pour avancer le plus rapidement possible notre plan d’urbanisme pour pouvoir en lever une partie [du moratoire] et permettre un premier phasage.»

Ce premier phasage pourrait représenter une centaine de portes que la municipalité serait capable d’absorber sans contrainte. Toutefois, le maire veut prendre en compte tous les potentiels projets avant de lever le moratoire, même partiellement, étant donné que ces 100 premières portes influenceraient aussi la planification des projets suivants.

Une fois le moratoire levé, le projet Cohabitat Compton pourrait se concrétiser rapidement étant donné qu’il est prêt et autorisé, conclut le maire.