La nouvelle députée de Saint-François, Sylvie Tanguay, a rencontré plusieurs représentants d’organismes communautaires de la MRC de Coaticook, le 3 novembre, dans les locaux de la Corporation de développement communautaire, la CDC.

Cette rencontre de deux heures a permis aux organismes de présenter leurs réalités et leurs principales revendications. Les échanges ont notamment porté sur les conditions de travail, le financement à la mission, l’autonomie des organismes, la reconnaissance de leur expertise et le maintien des services de proximité.

Un financement jugé insuffisant et imprévisible

Plusieurs intervenants ont insisté sur la précarité financière qui caractérise le milieu communautaire. Selon les témoignages entendus, le financement à la mission couvre rarement plus de 40 % du budget global de certains organismes.

Ce manque à gagner doit être comblé par des demandes de financement liées à des projets précis. Cette façon de faire complique la planification à long terme et peut déterminer si un organisme est en mesure de conserver certains employés ou de maintenir un service.

Les représentants du milieu demandent donc un financement à la mission plus important, récurrent et prévisible. Ils souhaitent également une amélioration des conditions de travail afin de réduire l’épuisement et le roulement du personnel.

Certains organismes dénoncent aussi la lourdeur administrative associée aux demandes de subvention et aux redditions de comptes. Le temps consacré à remplir des formulaires est autant de temps qui ne peut être consacré directement aux personnes ayant besoin d’accompagnement.

Des organismes en première ligne

Les participants ont rappelé que les organismes communautaires interviennent souvent auprès de personnes qui ne trouvent pas de réponse dans les réseaux publics ou qui hésitent à s’y adresresser.

Ils jouent notamment un rôle en matière de prévention, de santé mentale, de logement, d’itinérance, de sécurité alimentaire et d’accompagnement des familles. Toutefois, la difficulté d’accéder aux services publics les oblige de plus en plus à intervenir en réaction à des situations urgentes, au détriment de leurs programmes de prévention.

Le travail de proximité a également occupé une place importante dans les discussions. Des intervenants ont souligné que la construction de logements abordables ne suffira pas à elle seule à prévenir l’itinérance. Sans accompagnement adéquat, certaines personnes risquent de perdre leur logement à la suite d’une crise, d’un problème de santé mentale ou d’un autre événement de vie.

Les emplois liés au travail de proximité, notamment dans les milieux agricoles et auprès des personnes vulnérables, dépendent encore trop souvent de financements ponctuels.

Sylvie Tanguay reconnaît la nécessité d’agir

Sylvie Tanguay a reconnu qu’elle ne pouvait pas encore préciser les mesures qui seront adoptées par son gouvernement, entré récemment en fonction. Elle a toutefois assuré aux organismes que le financement à la mission fait partie des engagements de son parti.

La députée estime qu’un financement prévisible permettrait aux organisations de mieux planifier leurs activités et de stabiliser leurs équipes.

«D’avoir un financement à la mission, de savoir combien vous allez recevoir chaque année et que ce soit récurrent, c’est sécurisant. Vous pouvez au moins planifier», a-t-elle affirmé.

Mme Tanguay a également reconnu la lourdeur de la «paperasse» imposée aux organismes. Selon elle, une simplification des démarches administratives permettrait aux intervenants de consacrer davantage de temps à leur clientèle.

Elle s’est aussi montrée favorable à une plus grande autonomie des organismes dans la gestion de leurs services. La députée considère que les solutions ne doivent pas être imposées uniquement par les ministères, puisque les intervenants présents sur le terrain connaissent mieux les besoins de leur communauté.

La nouvelle élue a rappelé que les travaux parlementaires n’avaient pas encore véritablement commencé et que les équipes ministérielles étaient toujours en formation. Elle s’est néanmoins engagée à transmettre les préoccupations entendues aux ministres concernés.

Une rencontre accueillie favorablement

Au terme des échanges, les représentants communautaires ont dit avoir senti de l’humilité et de l’ouverture de la part de Sylvie Tanguay. Ils espèrent maintenant que les revendications présentées feront leur chemin jusqu’aux ministères concernés.

Les organismes souhaitent surtout que cette première rencontre soit suivie d’actions concrètes et que ses retombées se traduisent par une amélioration des services offerts à la population de la MRC de Coaticook.

Pour le milieu communautaire, un financement plus stable ne représente pas seulement un soutien aux organisations. Il constitue un investissement direct dans la prévention, l’accompagnement et la qualité de vie de l’ensemble de la communauté.