Sur la photo de gauche à droite ; Loren, de France, Janick Ericksen du Québec et Chafa Ouzzani, de l’Algérie
Après un passage en Outaouais, puis en Estrie, l’artiste Janick Ericksen a fait escale jeudi soir au Marché public de Compton dans le cadre de sa tournée Dialogues invisibles. Les visiteurs ont été invités à participer à une œuvre collective, fidèle à la mission du projet, qui mise sur les rencontres et le dialogue interculturel. La tournée devait ensuite se conclure en Montérégie au cours de la fin de semaine.
À l’origine de l’initiative, Janick Ericksen souhaitait recréer au Québec les échanges artistiques qu’elle avait elle-même vécus à l’étranger. L’idée du projet est née en 2025, lors d’une rencontre d’artistes en Turquie réunissant des créateurs de plusieurs pays.
«Même si on ne parle pas la même langue, on arrive toujours à se comprendre grâce à l’art. Je voulais que des artistes étrangers puissent vivre cette expérience ici, au Québec», a-t-elle expliqué.
Les artistes invités avaient tous été rencontrés lors de cette expérience en Turquie. Si plusieurs avaient manifesté leur intérêt à participer à la tournée québécoise, des difficultés liées à l’obtention de visas ont forcé l’organisation à revoir ses plans.
«On a dû se réajuster, mais le projet a quand même vu le jour. Les artistes étrangers ont été jumelés à des artistes locaux, ce qui a enrichi les échanges», a souligné Mme Ericksen.
Une tournée dans trois régions
La tournée s’est amorcée en Outaouais, notamment au Centre culturel du Presbytère, où un symposium avait été organisé dans le cadre du projet. Elle s’est ensuite arrêtée en Estrie, avec une soirée au Marché public de Compton, avant de prendre la direction de la Montérégie pour ses dernières activités en fin de semaine.
Au fil du parcours, les artistes ont également découvert différentes facettes des régions visitées. En Estrie, ils ont notamment visité le Musée Beaulne, parcouru la région de Coaticook, visité Foresta Lumina et découvert la Forêt Hereford.
Le nombre d’artistes participants a varié d’une étape à l’autre, puisque de nouveaux artistes se sont joints au projet au fil de la tournée. Loren et M. Ouzzani ont accompagné Mme Ericksen depuis le début de l’aventure.
Une œuvre créée avec les citoyens
À Compton, les visiteurs ont été invités à contribuer à une grande toile collective inspirée du marché public, de ses produits du terroir et de son ambiance. Les plus jeunes pouvaient également réaliser leur propre création et repartir avec leur toile.

L’oeuvre collective de Compton
«Ce n’était pas un projet qui s’adressait seulement aux artistes. Chaque activité était pensée pour que la population puisse participer et vivre l’expérience avec nous», a expliqué Janick Ericksen.
L’œuvre collective réalisée à Compton sera remise à une résidente engagée dans le milieu culturel de la municipalité, qui verra à lui trouver une place.
Un dialogue qui dépasse les mots
Pour Janick Ericksen, Dialogues invisibles fait référence à cette capacité qu’a l’art de créer des liens au-delà des barrières linguistiques.
«L’art parle à chacun différemment. Certaines œuvres nous touchent davantage que d’autres, mais le simple fait de partager l’art est déjà une forme de dialogue», a-t-elle affirmé.
Cette première édition représentait aussi un important défi d’organisation pour l’artiste, qui coordonnait une tournée dans trois régions avec plusieurs créateurs. Malgré les ajustements nécessaires, l’expérience lui a donné envie de poursuivre l’aventure.
«J’ai beaucoup appris. Je crois profondément à ce type de rencontres entre les artistes et la population. C’est une formule qui mérite d’être développée», a-t-elle conclu.
Photos : Claudia Ferland
