Depuis 2015, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) calcule le montant nécessaire qui permet à différents types de ménages de sortir de la pauvreté. En 2026, ce revenu viable oscille entre 33 249$ et 44 780$ pour une personne vivant seule, dépendamment de la ville où elle habite.
L’IRIS calcule le revenu viable sur la base des dépenses courantes de différents types de ménages, de la personne seule à la famille de deux enfants, en fonction des coûts réels dans chaque communauté. «Il comprend les dépenses liées à une alimentation diversifiée, un logement adéquat, les moyens de se déplacer, ainsi que de l’argent pour des sorties culturelles ou des vacances, de la marge de manœuvre pour mettre des sommes de côté en cas d’imprévus et des investissements en éducation pour améliorer sa condition», explique l’institut.
Pour une famille monoparentale, entre 46 458$ et 58 385$ sont nécessaires et ces sommes grimpent à des montants entre 75 117$ et 88 812$ pour un couple avec deux enfants. Ces calculs ont été effectués pour 7 agglomérations dans la province, soit Montréal, Québec, Gatineau, Sherbrooke, Saguenay, Trois-Rivières et Sept-Îles.
Sherbrooke figure parmi les villes les moins coûteuses selon le calcul du revenu viable, aux côtés de Saguenay et Trois-Rivières.
Le revenu viable à Sherbrooke :
- Pour une personne seule : 34 814$
- Pour une famille monoparentale : 47 812$
- Pour une famille de deux adultes et deux enfants : 79 517$
Le logement représente une part importante des dépenses dans toutes les villes étudiées par l’IRIS. En moyenne, les loyers ont augmenté de 10,9% dans les 7 villes étudiées, alors que la hausse recommandée par le Tribunal administratif du logement était de 5,9%.
Le salaire minimum insuffisant
Avec un revenu viable entre 33 249$ et 44 780$ par an pour une personne seule, «l’augmentation du salaire minimum prévue à 16,60$ l’heure dès le 1er mai ne permettra pas de vivre dignement», fait remarquer l’IRIS. Pour la quatrième année de suite, l’écart entre le salaire minimum et le revenu viable se creuse. Une personne qui travaille à temps plein, 35 heures, à un salaire de 16,60$ touchera un revenu annuel de 25 867$, un revenu bien loin des 34 814$ nécessaires pour avoir un revenu considéré comme viable en habitant à Sherbrooke.
«Le salaire minimum n’a jamais permis à une personne seule de sortir de la pauvreté en travaillant à temps plein. Toutefois, dans une société qui met l’accent sur le travail et sur l’ascension sociale, il est inquiétant de voir que l’écart se creuse. Ça souligne que la crise d’abordabilité n’est ni nouvelle ni sur le point de se résorber», se désole la chercheuse à l’IRIS et autrice de l’étude, Eve-Lyne Couturier.