De passage à Dixville jeudi soir pour une soirée d’informations portes ouvertes, Innergex en a profité pour aborder la question agricole en lien avec le potentiel projet éolien. Les chiffres sont clairs : les agriculteurs de la région de Coaticook visés par le projet sont en majorité favorables à l’implantation d’éoliennes sur leur propriété.
Sur les 224 propriétés agricoles approchées par Innergex, 187 se sont montrées volontaires pour accueillir des éoliennes (83,5 %) alors que 24 d’entre elles sont toujours en négociation (10,7 %). Seulement 13 ont refusé la proposition de l’entreprise (5,8 %), selon les informations transmises par Innergex.
«Ce que ça nous dit c’est que les chiffres parlent d’eux-mêmes, lance le directeur communauté et relations gouvernementales chez Innergex, Philippe Michaud. Il y a un décalage marqué entre ce que les agriculteurs souhaitent sur le terrain versus les propos des gens qui prétendent les représenter, [comme] des groupes de citoyens.»
À la lumière de ces chiffres, M. Michaud a du mal à s’expliquer la position de l’UPA-Estrie, qui se montre réticente devant la possible implantation d’éoliennes en territoire agricole. «Est-ce qu’il y a un mot d’ordre de l’UPA régionale de s’opposer à tous les projets? Est-ce que les agriculteurs ont peur de s’exprimer qu’ils sont en faveur du projet auprès de l’UPA? Ça soulève une question importante», s’interroge le directeur.
Selon Philippe Michaud, il n’y a pas de choix à faire entre l’énergie et l’agriculture, les deux activités sont conciliables. «En évitant les terres à haut potentiel agricole, le projet de Coaticook représente un exemple concret de conciliation possible entre les impératifs associés aux souverainetés bioalimentaire et énergétique, ajoute-t-il. L’impact des projets éoliens en territoire agricole, il est minime et il est compensé.»
Effectivement, une entente de principe entre Hydro-Québec et l’UPA prévoit un versement de 12 500$ par MW installé au Fonds de la relève agricole. Dans le cadre du projet de Coaticook, cela représenterait une redevance potentielle de 625 000$ versée par Hydro-Québec pour les jeunes agriculteurs.
