La députée fédérale de Compton–Stanstead, Marianne Dandurand, souhaite accélérer les travaux entourant la couverture cellulaire et trouver des solutions durables à la pénurie de main-d’œuvre qui touche les entreprises de la région.
En entrevue à CIGN FM, la députée a reconnu que le dossier de l’immigration et de la main-d’œuvre progresse moins rapidement qu’elle le souhaiterait. Elle explique cette lenteur par le partage des responsabilités entre les gouvernements fédéral et provincial.
«Quand on arrive dans des dossiers qui touchent les deux ordres de gouvernement, il y a des frictions et ça prend beaucoup de discussions», a-t-elle affirmé.
Des besoins permanents comblés par des travailleurs temporaires
Selon Marianne Dandurand, le vieillissement et le déclin démographique de certaines communautés augmentent les besoins de main-d’œuvre dans Compton–Stanstead. Des entreprises doivent recruter ailleurs au Québec ou à l’étranger pour maintenir leurs activités.
La députée cite notamment le cas de Cabico, à Coaticook, mais estime que la pénurie touche pratiquement tous les entrepreneurs qu’elle rencontre. Dans les grandes entreprises, le manque de quelques employés peut même compromettre un quart de travail complet.
Elle distingue toutefois les travailleurs agricoles saisonniers de ceux qui occupent des emplois permanents dans le secteur manufacturier. Les premiers disposent d’un programme fédéral adapté aux besoins temporaires et saisonniers des exploitations agricoles.
La situation est plus complexe dans le secteur manufacturier. Certains employés sont présents depuis plusieurs années, mais doivent continuellement renouveler un statut conçu à l’origine pour des besoins temporaires.
«Un employé qui est ici depuis quatre, cinq ou six ans, est-ce encore vraiment un travailleur étranger temporaire?», questionne la députée.
Selon elle, les gouvernements doivent trouver une solution à long terme permettant aux entreprises de conserver leurs employés tout en offrantant à ces travailleurs un statut correspondant davantage à leur réalité.
Une couverture cellulaire toujours incomplète
Marianne Dandurand travaille également au dossier de la couverture cellulaire dans les secteurs ruraux. Plusieurs endroits de la MRC de Coaticook demeurent mal desservis en raison du relief montagneux, de la faible densité de population et du coût élevé des infrastructures.
Le déploiement de la fibre optique constituait une première étape essentielle, puisque les tours cellulaires ont besoin d’électricité et d’un accès au réseau de fibre. Maintenant que l’Internet haute vitesse est plus largement disponible, la prochaine étape consiste à améliorer le réseau cellulaire.
Selon les estimations présentées par la députée, environ quatre tours pourraient être nécessaires pour mieux couvrir la MRC de Coaticook. Une tour coûterait approximativement un million de dollars à construire, auxquels s’ajouteraient des frais d’exploitation pouvant atteindre environ 50 000 $ par année.
Le principal obstacle demeure l’absence de partenaires privés prêts à exploiter ces installations. Même lorsque le gouvernement finance leur construction, les entreprises de télécommunications doivent ensuite assumer les dépenses liées à l’entretien et à l’électricité.
Dans un secteur densément peuplé, une tour peut desservir un grand nombre d’abonnés. En milieu rural, où les résidences sont parfois éloignées de plusieurs kilomètres, le rendement financier est beaucoup moins intéressant pour les fournisseurs.
Le satellite comme complément aux tours
La connexion directe entre les téléphones cellulaires et les satellites en basse orbite pourrait contribuer à réduire les zones sans service.
Cette technologie pourrait être particulièrement utile sur les routes et dans les secteurs très peu peuplés, où la construction d’une tour serait difficile à rentabiliser. Elle présente toutefois certaines limites, notamment à l’intérieur des bâtiments et lorsque trop d’utilisateurs tentent de se connecter simultanément.
«Ça va nous prendre les deux», résume Marianne Dandurand. Selon elle, les satellites pourraient assurer une couverture générale du territoire, tandis que des tours demeureraient nécessaires dans les secteurs plus densément peuplés.
Le gouvernement fédéral travaille également au développement d’une capacité satellitaire canadienne en basse orbite. L’objectif serait notamment de réduire la dépendance envers des entreprises américaines comme Starlink.
La députée salue par ailleurs les investissements annoncés par Québec pour construire de nouvelles tours, notamment dans la MRC du Granit. Elle souhaite qu’Ottawa contribue également au financement des infrastructures nécessaires dans la MRC de Coaticook.
Collaborer avec les élus provinciaux
La circonscription fédérale de Compton–Stanstead chevauche cinq circonscriptions provinciales. Marianne Dandurand affirme avoir rencontré plusieurs candidats de différentes formations politiques au cours de la campagne électorale québécoise.
Peu importe les résultats du scrutin, elle promet de collaborer avec les députés qui seront élus.
