À l’approche du 12 août, l’autrice Chrystine Brouillet a consacré une grande partie de sa chronique littéraire à des ouvrages d’ici. Une façon, pour elle, de souligner la journée «J’achète un livre québécois», devenue au fil des ans un rendez-vous incontournable pour les lecteurs et les libraires.
«Je trouve qu’on fait des choses formidables ici. Cette initiative est une idée formidable parce qu’elle fait connaître notre littérature», a-t-elle déclaré lors de son passage à l’émission La Belle et la Bête, diffusée sur les ondes de CIGN FM.
La campagne, lancée en 2014, invite la population à se rendre en librairie le 12 août afin d’acheter un ou plusieurs ouvrages québécois. Selon Chrystine Brouillet, cette journée est maintenant comparable au «Noël des libraires», alors que plusieurs auteurs profitent également de l’occasion pour rencontrer leurs lecteurs.
Un complot mondial imaginé à quatre mains
Chrystine Brouillet amorce sa sélection avec Les Derniers Mandarins, un thriller politique écrit par Louise Penny et la journaliste Mellissa Fung.
Louise Penny, qui réside en Estrie, délaisse ici l’univers de l’inspecteur Armand Gamache pour raconter une crise internationale aux conséquences meurtrières. Des alarmes se déclenchent simultanément partout dans le monde, puis des ascenseurs s’immobilisent avant de provoquer des milliers de morts.
Au centre de cette intrigue se trouvent Vivien Li, une militante chinoise bien connue, et sa fille Alice. Malgré une relation tendue, les deux femmes doivent collaborer pour comprendre l’origine des attaques et prévenir une nouvelle catastrophe.
Le roman combine espionnage, tensions entre les États-Unis et la Chine ainsi qu’une réflexion sur le pouvoir et les liens familiaux. Louise Penny présente le livre comme un thriller politique sur la vérité, le pouvoir et le prix de la survie.
Les personnages d’Alertes passent au roman
Les amateurs de la série télévisée Alertes peuvent retrouver l’escouade Cerbère dans Alertes – Le roman: La face cachée du meurtre de Marilou Magloire, de Johanne Seymour.
L’autrice explore les événements entourant la mort de Marilou, la sœur de Renaud Magloire, tout en proposant une nouvelle enquête sur une disparition suspecte.
Chrystine Brouillet estime que Johanne Seymour est parvenue à respecter la personnalité des protagonistes de la série, tout en leur offrant une intrigue plus sombre et plus crue que celles présentées à la télévision. Le roman est publié chez Libre Expression.
Un polar aussi noir que drôle
Avec Touche pas à mon cadavre, André Marois ramène les lecteurs sur les rives de la Mastigouche et retrouve Jacqueline, l’un des personnages de La sainte paix.
Roger, un entrepreneur privé de permis en raison de l’alcool au volant, percute mortellement un cycliste pendant une pluie torrentielle. Il cache le corps dans un coffre, mais la rivière en crue emporte celui-ci. Jacqueline lui propose alors un marché.
«C’est l’un des polars les plus drôles que j’ai lus cette année», affirme Chrystine Brouillet, qui souligne les nombreux rebondissements et l’humour noir du récit. Le roman est publié aux Éditions Héliotrope.
Une difficile éducation sentimentale
Chrystine Brouillet recommande également Ne pas aimer les hommes, de Marie-Sissi Labrèche, un récit direct et intime consacré à l’apprentissage de l’amour.
Marquée par la maladie mentale de sa mère et les avertissements de sa grand-mère, la narratrice se retrouve attirée par des relations qui la blessent. Le livre aborde les traumatismes, les rapports de pouvoir, le désir de liberté et les émotions contradictoires qui accompagnent les premières expériences amoureuses.
Selon la chroniqueuse, cet ouvrage devrait être lu autant par les jeunes femmes que par les jeunes hommes. Malgré la dureté de certains passages, elle y voit un récit empreint de lucidité, de sensibilité et de bienveillance. Le livre est publié chez Québec Amérique.
Le langage des fleurs à Tokyo
Dans un registre plus lumineux, La Petite Fleuriste de Tokyo, de Yukihisa Yamamoto, raconte le parcours de Kikuko, qui quitte un emploi dans un milieu toxique pour travailler dans une boutique de fleurs.
Elle y découvre le métier de fleuriste, la signification des bouquets et une nouvelle manière d’envisager l’avenir. Une rumeur affirme également que les personnes photographiées près du véhicule de livraison de la boutique, baptisé La vie en rose, connaîtront le bonheur en amour.
Chrystine Brouillet décrit le roman comme une histoire charmante, réconfortante et remplie d’espoir. L’ouvrage est publié chez Albin Michel.
Une histoire d’amour dans l’Italie fasciste
Avec L’Adieu à Venise, Thierry Brunello transporte les lecteurs en Italie, en 1938, au moment de la montée du fascisme.
Angelo aime secrètement Luca, un policier, alors que le frère d’Angelo rejoint la milice mussolinienne. La relation des deux hommes est menacée par la répression, les conflits familiaux et les trahisons.
Des décennies plus tard, Angelo, devenu écrivain aux États-Unis, doit revenir à Venise lorsque l’adaptation cinématographique de son roman est sélectionnée à la Mostra. Ce retour l’oblige à affronter les souvenirs et les blessures de son passé.
Chrystine Brouillet qualifie ce premier roman d’histoire d’amour bouleversante, sensuelle et magnifiquement écrite. Le livre est publié aux Éditions de La Martinière.
Une histoire d’amitié pour les tout-petits
La chronique se termine avec C’est le mien, écrit par Priska Poirier et illustré par Sabrina Gendron.
Thomas, un petit renard, devient jaloux lorsque son ami Martin se rapproche de Sophie, une hermine enjouée. Son grand-père lui explique alors que l’amitié ne signifie pas posséder l’autre et qu’il est possible d’aimer plusieurs personnes.
L’album permet aux enfants de mettre des mots sur la jalousie, la peur d’être abandonné et le partage des amitiés. L’ouvrage est publié aux Éditions Druide.
Les suggestions de Chrystine Brouillet
- Les Derniers Mandarins — Louise Penny et Mellissa Fung — Flammarion Québec
- Alertes – Le roman : La face cachée du meurtre de Marilou Magloire — Johanne Seymour — Libre Expression
- Touche pas à mon cadavre — André Marois — Héliotrope
- Ne pas aimer les hommes — Marie-Sissi Labrèche — Québec Amérique
- La Petite Fleuriste de Tokyo — Yukihisa Yamamoto — Albin Michel
- L’Adieu à Venise — Thierry Brunello — Éditions de La Martinière
- C’est le mien — Priska Poirier et Sabrina Gendron — Druide
