Inquiet de la hausse continue de la violence dans les écoles de la région et du Québec, le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie se questionne sur le devoir de loyauté des enseignants qui ont peu de moyens pour dénoncer les problèmes vécus entre les murs des établissements d’enseignement.
David Raymond, président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie, est clair : la violence ne cesse d’augmenter dans les écoles.
«Parmi les statistiques qui nous démontrent que c’est en nette augmentation, on a vu que un enseignant sur deux avait été victime d’une situation de violence de la part des élèves durant la période du début de l’année jusqu’au mois de décembre. Le nombre moyen d’événements subis par les enseignants est de 11 événements», rapporte-t-il.
«Quand on fait référence à un élève qui hurle et qui crie, qui frappe sur le mur pendant une heure dans le corridor et qui empêche les classes autour de fonctionner, c’est un cas réel. Un jeune qui se désorganise tellement qu’il faut sortir le reste du groupe, c’est des situations qu’on voit assez régulièrement en Estrie», ajoute le président.
Sur la ligne de front, les enseignants ont peu de recours pour faire changer les choses, indique David Raymond. «C’est sûr que la première étape, c’est de se tourner vers la direction d’école et d’évaluer les ressources qui sont disponibles. Nous on se tourne vers les centres de services pour nommer ces problématiques-là. Mais une fois qu’on a fait ça et que ça ne fonctionne pas, que ça ne permet pas d’inverser la tendance, c’est là qu’on pense qu’on devrait pouvoir en parler plus largement.»
Le récent documentaire de Ricardo Larrivée a mis de l’avant cet omerta qui règne dans le milieu de l’éducation qui n’aide pas à régler le problème de la violence selon M. Raymond. Il juge que les enjeux du système scolaire, dont la violence, devraient pouvoir être discutées librement. «Il faut inclure les parents, les professionnels.»
Comment réduire la violence dans les écoles?
En ce moment, les écoles privilégient le fait de garder les élèves violents dans leurs classes. Une solution qui n’est pas optimale pour les enseignants et les autres élèves, explique le président.
«On maintient beaucoup nos élèves [violents] à l’école en prétextant que c’est la seule façon de les aider. C’est effectivement un regard sur le droit individuel de l’élève, par contre, on oublie trop souvent les autres élèves qui sont les victimes de cette violence-là, expose-t-il. Quand on arrête d’enseigner pour gérer un élève en crise, on demande maintenant aux enseignants de faire sortir les autres élèves de la classe pour laisser l’élève violent seul. Ça amène une diminution du nombre d’heures d’enseignement et de l’anxiété générée chez les élèves.»
Comme piste de solution, David Raymond cite l’augmentation du nombre de classes d’adaptation scolaire et même l’école à la maison. «Dans les autres solutions proposées, il y avait une possibilité de scolariser davantage les élèves violents à la maison. C’est certain que l’augmentation du nombre de classes d’adaptation scolaire pourrait être une solution intéressante. Dans ces classes, on diminue le nombre d’élèves pour être sûr d’être efficace dans nos interventions et les enseignants ont des outils supplémentaires pour répondre aux besoins de ces élèves», conclut-il.