L’heure est grave à l’usine Cabico de Coaticook. Si le gouvernement ne modifie pas sa règlementation concernant la limitation du nombre de travailleurs étrangers temporaires, l’usine Cabico pourrait perdre 50 de ses 75 travailleurs étrangers au cours de l’année 2026.
Onze travailleurs étrangers vont d’ailleurs quitter le pays dans les prochaines semaines. Un tel scénario va inévitablement entraîner des impacts négatifs au niveau de la productivité. À l’instar de nombreuses autres industries, Cabico a réclamé un moratoire dans le but de conserver ses travailleurs étrangers temporaires, lesquels sont déjà parfaitement intégrés dans leurs postes de travail et dans la communauté. Malgré de multiples représentations auprès des instances gouvernementales, aucune mesure transitoire n’a été mise de l’avant. Vice-président Talent et Culture, Annick Boulanger, s’empresse de signaler que ces employés, intégrés et formés, représentent un apport essentiel dans la réussite des opérations quotidiennes. «Ils contribuent à notre succès et à notre stabilité, dit-elle. Dans un contexte de rareté de main-d’oeuvre, leur présence permet de maintenir la croissance de la productivité. Leur départ forcé nous touche profondément et va contribuer à freiner notre croissance future.» C’est sans compter que Cabico doit cheminer dans un contexte ponctué de tarifs douaniers sur les armoires canadiennes.
La perte de travailleurs étrangers temporaires est contradictoire à l’idée d’entrevoir une prospérité de l’entreprise et de l’économie locale. Le président de Cabico, Pierre Huard, renchérit en disant que l’usine n’a jamais misé uniquement sur les travailleurs étrangers temporaires pour répondre à la pénurie de main-d’oeuvre. Au contraire, les dirigeants ont constamment procédé à des investissements pour améliorer leurs conditions, notamment dans le processus d’automatisation. Une somme avoisinant les 30 M$ a été investie au cours des dernières années
La perte de 50 travailleurs étrangers dans une si courte période va obliger l’organisation à entreprendre d’importantes opérations de recrutement et de formation de la relève pour limiter l’impact sur la production. Pour certains postes stratégiques, il faut de six mois à un an pour former un travailleur. Cabico doit aller de l’avant sans trop attendre puisque la réalité du marché demeure difficile et la main-d’oeuvre qualifiée est rare. En attendant, Cabico fait preuve de bonne foi et demeure disposé à collaborer avec les autorités provinciale et fédérale afin de trouver une solution humaine, durable et réaliste. Comme en fait foi cette photo, la dimension humaine est au coeur de l’expérience client.
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