Près de 250 personnes se sont pointées à l’école La Frontalière de Coaticook, mardi soir, à l’occasion d’une soirée d’information sur le projet d’éoliennes sur le territoire de la MRC de Coaticook. L’occasion était parfaite pour informer les citoyens sur le règlement de contrôle intérimaire (RCI). Des membres du personnel de la MRC de Coaticook, appuyés de représentants de la FQM, d’Hydro-Québec, du ministère de l’Environnement et de Santé-Québec (Estrie), ont débuté la soirée en traçant un portrait de la situation  (Photo ci-haut).

LA MRC À L’AVANT PLAN

Dans sa présentation, le directeur général de la MRC, Kevin Roy, s’est attardé à dire qu le rôle de la MRC en est un de gestionnaire du territoire. La MRC doit s’assurer de la cohérence des usages. Mais la MRC peut aussi être un partenaire, c’est-à-dire devenir un investisseur dans les projets. Incidemment, la MRC possède une politique cadre. Une politique qui tient compte de l’acceptabilité sociale, de la protection du territoire, des retombées collectives et du développement durable.

INQUIÉTUDES

Pendant 75 minutes, les gens de la salle ont été en mesure de poser des questions et d’exprimer leurs inquiétudes. Ces inquiétues sont nombreuses. Si certains ont eu des réponses satisfaisantes à leurs questions, d’autres sont restés sur leur appétit.  La distance entre les éoliennes et les bâtiments du voisinage fut un des sujets discutés.  La distance de 700 mètres ne fait pas l’unanimité. On s’interroge sur l’ampleur des enjeux.

Les gens ne sont pas rassurés sur le cadre financier (revenus-dépenses).  Des producteurs agricoles sont inquiets au sujet de la nappe phréatique.  Les maisons avoisinant les éoliennes vont-elles perdre de leur valeur ?  Est-ce que les taxes municipales vont monter ou est-ce qu’elles sont appelées à baisser ?  Une poignée de citoyens d’une localité vont-ils profiter de la manne (redevances) pendant que le trois quarts de la population va subir le développement d’éoliennes sur le territoire ?  Voilà le genre de sujets qui a meublé la période de questions.   Paul Cardin, citoyen de Coaticook, a demandé d’extentionner la période de questions en raison de l’importance des enjeux. Bien que les gens de la salle auraient apprécié disposer d’une plus longue période, cette demande a été refusée, les organisateurs préférant s’en tenir à l’horaire prévu en début de soirée.

Caroline Roy, une citoyenne de Coaticook, s’interroge sur ce qu’il va en coûter pour l’installation des éoliennes, mais aussi sur les coûts reliés à l’entretien annuel de celles-ci.

Junior Belleville, un citoyen de Saint-Malo, a demandé quel pourra être son recours s’il s’oppose à l’implantation d’éoliennes sur son territoire. «Vais-je devoir aller à ma municipalité ?  Dois-je le faire savoir à la MRC, questionne-t-il ?»  À cette question, Kevin Roy mentionne que s’il y a dépôt de projets, la MRC va tenir compte de son entente-cadre.  Ainsi, par exemple, la MRC devra percevoir une réelle acceptabilité sociale de la part des communautés concernées.

ACCEPTABILITÉ SOCIALE

Incidemment, le principe d’acceptabilité sociale n’a pas rallié les 250 personnes présentes dans l’enceinte de La Frontalière.  Le directeur de la MRC, Kevin Roy, a offert une définition qui englobe les principes de jugement collectif, de démarche transparente et des réalités du milieu. Il a ajouté que le processus se bâtit dans le temps.  Manifestement, cette définition est apparue floue pour plusieurs gens de la salle. Selon la compréhension du processus, si un projet d’éoliennes est déposé dans une municipalité, le conseil municipal concerné ne sera pas tenu de mesurer l’intérêt des citoyens.  Bref, même si un bon pourcentage de citoyens exigent un référendum, les élus ne seront aucunement dans l’obligation d’aller de l’avant avec une telle demande. Un tel énoncé a jeté une douche froide sur la tête de plusieurs.  L’acceptabilité sociale, selon eux, doit d’abord venir de la population et non seulement des membres du conseil municipal.  Bien qu’un maire ait été élu pour prendre les meilleures décisions pour sa municipalité, un projet aussi important que l’implantation d’éoliennes nécessite de l’information en continue et des réponses claires.  Bien des citoyens ne sont pas contre les éoliennes, mais désirent ardemment que les différentes étapes soient franchies dans le respect de l’environnement, de la capacité de payer des contribuables et de la santé des humains et des animaux.

QUELQUES INFORMATIONS

-Selon ce qui se trame actuellement, deux projets d’éoliennes sont susceptibles d’être présentés dans les mois à venir.  L’un concernerait une quinzaine d’éoliennes et un autre de quelques dizaines.

-Selon des renseignements glanés au cours de la soirée d’information, à peine 10 % du territoire de la MRC de Coaticook peut potentiellement accueillir des éoliennes.

-Selon des rumeurs, des citoyens de la MRC de Coaticook auraient déjà signé des ententes pour l’installation d’éoliennes.

-Les localités de Coaticook, Saint-Herménégilde et Dixville seraient concernées par de potentiels projets.  Incidemment, le sujet va atterrir à la salle du conseil municipal de Dixville le mardi 6 octobre.  Il appert que de nombreux citoyens sont attendus.