L’intimidation vécue par les jeunes suivis par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) dépasse largement le cadre scolaire. Elle constitue un enjeu de santé à part entière, aux conséquences durables sur le bien-être physique et psychologique. C’est dans ce contexte que la Fondation du CHUS et la Fondation du Centre jeunesse de l’Estrie ont récemment uni leurs efforts à ceux de BRP et de ses employé·es afin de soutenir les jeunes les plus vulnérables de la région.
Grâce à un engagement financier initial totalisant 500 000 $, la Fondation du Centre jeunesse de l’Estrie pourra, chaque année, appuyer des centaines d’enfants et d’adolescents suivis par la DPJ. Les sommes recueillies serviront à agir sur des facteurs qui augmentent les risques d’intimidation, de rejet et d’isolement social, notamment en répondant à des besoins essentiels liés à la dignité, à la confiance et à l’inclusion.
Cette contribution repose sur plusieurs initiatives internes à BRP, dont le programme de dons à la source des employés, jumelés par l’entreprise, ainsi que différentes activités de financement. Le président et chef de la direction sortant de BRP, José Boisjoli, a également contribué personnellement à cette démarche. À l’aide financière s’ajoute un don de vêtements d’une valeur de plus de 500 000 $, venant bonifier l’aide directe offerte aux jeunes.
Pour Isabelle Grenier, directrice générale de la Fondation du Centre jeunesse de l’Estrie, ce soutien permet d’intervenir en amont. «L’intimidation et la stigmatisation laissent des traces profondes sur la santé. Les personnes qui sortent de la DPJ présentent des enjeux de santé mentale jusqu’à dix fois plus élevés que la population générale. Avec ce partenariat, on peut intervenir plus tôt et soutenir des besoins qui ne sont pas couverts ailleurs», explique-t-elle. Les impacts de l’intimidation sont bien documentés : anxiété, stress chronique, troubles du sommeil, isolement social, décrochage scolaire et problèmes de santé mentale pouvant marquer un parcours de vie. Chez les jeunes suivis par la DPJ, déjà fragilisés par des contextes de négligence, d’instabilité ou de pauvreté, ces effets peuvent être amplifiés par la stigmatisation et le manque de ressources.
Du côté de la Fondation du CHUS, ce partenariat s’inscrit dans une approche axée sur la prévention. «BRP et ses employés sont des alliés importants pour la santé de notre communauté», souligne son directeur général, Martin Clermont. «En soutenant ces jeunes, nous contribuons à des actions qui peuvent éviter une escalade vers des problèmes de santé plus sérieux.»
Depuis 2022, BRP a fait de la lutte contre l’intimidation sa cause mondiale d’entreprise, y consacrant plus de 10 millions de dollars en contributions caritatives. Pour l’entreprise, le lien entre intimidation, santé et bien-être est indissociable. Ce partenariat régional s’inscrit donc dans une volonté plus large de soutenir des actions concrètes ayant un impact durable.
Enfin, cette alliance vient renforcer le mouvement Enlève ton étiquette, porté par la Fondation du Centre jeunesse de l’Estrie, qui vise à déconstruire les préjugés entourant les jeunes suivis par la DPJ. En combinant leurs efforts, les partenaires espèrent contribuer à créer des environnements plus inclusifs et à réduire les situations qui compromettent la santé et l’avenir de ces jeunes.