Le service de travail de rue de la MRC de Coaticook traverse une période charnière et pourrait être contraint de réduire fortement ses activités dès avril, en raison de refus et de non‑renouvellements de financement.
Selon l’organisme Travail de rue de la Vallée, l’absence de financement suffisant met directement en péril la continuité des interventions de proximité auprès des jeunes et des personnes en situation de vulnérabilité sur le territoire.
«Nous allons assurément perdre un poste, possiblement un deuxième, et nous sommes seulement trois employés. Notre mission est en péril», explique la directrice générale, Stéphanie Vachon.
Des services essentiels pour le milieu
Le travail de rue joue un rôle important dans la prévention et l’accompagnement des personnes en rupture sociale. Les intervenants développent des liens de confiance avec des jeunes à risque, des personnes en situation d’itinérance ou encore des individus confrontés à des problématiques de consommation, de violence ou d’isolement.
«Le travail de rue repose sur des liens de confiance co-construits lentement, parfois sur plusieurs années. Lorsque ces liens se brisent, ce sont des personnes déjà vulnérables qui se retrouvent complètement seules dans un système souvent inaccessible pour elles», souligne l’équipe de Travail de rue de la Vallée.
En milieu rural, ce service joue un rôle unique en permettant notamment la prévention des crises sociales et psychosociales, l’intervention précoce auprès des jeunes à risque et l’accompagnement des personnes vivant diverses difficultés.
Des conséquences pour la communauté
L’organisme rappelle que la disparition ou la réduction de ces services ne ferait pas disparaître les problématiques sociales.
Celles-ci risquent plutôt de devenir invisibles jusqu’à ce qu’elles se manifestent sous forme de crises nécessitant des interventions plus lourdes, notamment de la part des services policiers, du réseau de la santé ou du système judiciaire.
Malgré une expertise reconnue et une connaissance approfondie du territoire, le service de travail de rue de la MRC de Coaticook affirme avoir été écarté de plusieurs enveloppes de financement récentes, compromettant ainsi un pilier important du filet social local.
Des démarches auprès des élus
Face à cette situation, des démarches ont été entreprises auprès d’élus municipaux, provinciaux et fédéraux afin d’obtenir un soutien d’urgence et d’éviter une rupture de services.
«C’est la première fois en huit ans que nous nous faisons retirer le financement du ministère de la Sécurité publique», précise la directrice générale.
Mme Vachon indique également avoir contacté la députée de Saint-François, Geneviève Hébert, et être toujours dans l’attente d’une réponse.
Pour l’organisme, le message est clair: le travail de rue constitue un service essentiel, particulièrement dans un territoire rural comme celui de la MRC de Coaticook.
«Le travail de rue n’est pas un luxe en milieu rural. C’est un service essentiel», conclut la directrice générale.