Photo : la Docteur Jacinthe Roy (à gauche) et Marie-Pier Cloutier, directrice générale de la clinique médicale de Coaticook (à droite)

La nouvelle année débute sous un climat plus serein à la Clinique médicale de Coaticook. Après un automne marqué par l’incertitude, la tension et l’essoufflement, les médecins peuvent enfin pousser un soupir de soulagement : la clinique demeurera ouverte et aucun praticien ne quittera l’équipe.

« Ici, nous ressentons un calme que nous n’avions pas à l’automne », affirme Marie-Pier Cloutier, directrice générale de la clinique médicale de Coaticook.

Bien qu’elle précise ne pas parler au nom de chaque médecin individuellement, Mme Cloutier indique que la communauté médicale a largement appuyé l’entente conclue vers la mi-décembre 2025, entérinée à 97 % par les médecins de famille. Selon elle, ce résultat témoigne d’une orientation désormais plus réaliste et applicable sur le terrain.

Elle a tenu à souligner la résilience de l’équipe médicale, qui a « tenu bon jusqu’au bout » malgré une période qu’elle qualifie de difficile et d’incertaine. La directrice générale a également salué l’appui marqué de la population et des médias, qui ont contribué à donner un soutien et une visibilité importante à la situation. Près de 650 lettres de citoyens ont été recueillies et transmises aux dirigeants politiques du Québec avant les Fêtes, comme l’avait mentionné la Dre Jacinthe Roy lors de la séance du conseil municipal de Coaticook du 12 janvier 2026. Cette mobilisation citoyenne, ajoute-t-elle, a permis à l’équipe de poursuivre ses activités dans un contexte d’anxiété généralisée.

Les copies ont été numérisées et les originaux conservés, à la fois comme preuve du soutien communautaire et comme rappel de l’importance de la clinique pour la population locale, advenant d’éventuelles négociations futures, que Mme Cloutier et l’équipe de la clinique espèrent toutefois ne pas voir se reproduire.

Une crise qui dépasse le milieu médical

La clinique médicale de Coaticook, 16 janvier 2026

Questionnée sur le départ du premier ministre François Legault, la directrice a tenu à préciser qu’elle s’exprimait en son nom personnel. Elle estime que cette démission s’inscrit dans un contexte politique plus large, dépassant le seul dossier des soins de santé. Elle déplore néanmoins que la situation ait atteint un point où les dirigeants politiques semblaient épuisés, estimant que des discussions plus rapides et plus approfondies auraient pu prévenir l’escalade du conflit et que l’adoption d’une loi sous bâillon — comme ce fut le cas pour la Loi 2 — n’était peut-être pas la meilleure façon de procéder pour les Québécois.

Les IPS au cœur de l’amélioration de l’accès aux soins

Avec l’apaisement de la crise immédiate, la clinique dit maintenant se recentrer sur l’amélioration de l’accès aux soins et l’exploration de nouvelles façons de les offrir, notamment par l’embauche éventuelle d’une infirmière praticienne spécialisée (IPS) supplémentaire. L’établissement compte actuellement trois IPS — une à temps partiel et deux à temps plein — et espère recruter une quatrième dès février, si le poste est pourvu. Celui-ci serait réparti sur quatre jours par semaine en médecine générale, le cinquième étant consacré à un autre secteur.

Mme Cloutier décrit les IPS comme un soutien essentiel à l’équipe médicale et un levier important pour améliorer l’accessibilité aux soins. Les IPS permettent d’alléger la charge des médecins de famille. Elles participent notamment à l’évaluation de l’état de santé des patients, au suivi de maladies chroniques, à la prescription d’examens diagnostiques, à l’ajustement de traitements selon des protocoles établis, ainsi qu’à l’éducation et à la prévention en santé. Cette collaboration avec les médecins leur permet de se concentrer sur les cas plus complexes nécessitant une expertise approfondie. Pour la directrice générale, l’intégration accrue des IPS représente une solution concrète pour maintenir la qualité des services tout en répondant aux besoins croissants de la clientèle.

Aux patients inquiets pour la continuité des soins, Mme Cloutier reconnaît que la clinique ne peut garantir un médecin de famille à chaque résident. Elle affirme toutefois que la priorité pour les mois et l’année à venir sera d’améliorer l’accessibilité et d’inscrire le plus de patients possible, dans la mesure des ressources disponibles, afin d’assurer des soins de qualité. Mme Cloutier :

Leur souhait : plus d’autonomie locale

Pour l’avenir, la clinique souhaite moins miser sur une mesure unique que sur un meilleur équilibre : davantage d’autonomie locale, une communication plus efficace et des ressources professionnelles et financières adaptées au développement des services. Mme Cloutier espère également que les décideurs passeront davantage de temps sur le terrain afin que les politiques reflètent mieux la réalité des cliniques et limitent les effets indésirables sur le système de santé.

Selon elle, la centralisation du réseau a alourdi les communications et réduit l’efficacité de certaines tâches. Redonner plus de pouvoir aux cliniques ancrées dans leur communauté permettrait de mieux répondre aux enjeux propres à chaque contexte régional. Mme Marie-Pier Cloutier explique :

Après un automne éprouvant, la Clinique médicale de Coaticook amorce donc la nouvelle année avec un sentiment de stabilité renouvelé et un objectif clair : préserver ses activités, maintenir son équipe et améliorer l’accès aux soins pour la population, grâce à une gestion du système de santé mieux équilibrée et davantage ancrée dans les réalités locales.

Photos : Claudia Ferland