Pour aider le secteur agricole, la candidate à la chefferie de la CAQ, Christine Fréchette, propose notamment de bonifier l’aide à la relève en l’augmentant de 30%. Avec le prix des terres et les difficultés que vivent les agriculteurs, il ne s’agit pas d’une aide «suffisante» selon le président de l’Union des producteurs agricoles de l’Estrie.

Jeudi matin, Christine Fréchette a présenté ses engagements pour «soutenir et moderniser» le milieu agricole québécois. La candidate propose d’augmenter de 30 % le
Programme d’appui financier à la relève agricole, ce qui porterait l’aide maximale à 65 000 $ pour les jeunes qui s’investissent à temps plein.

Le président de l’UPA Estrie, Michel Brien, est sans détour concernant cette mesure. «Au niveau de la relève, une augmentation de 30% de l’aide à la relève, je crois que c’est insuffisant, lance-t-il d’emblée. Parce que 30% d’augmentation de 50 000$ sur une ferme qui vaut au départ plus d’un million de dollars, c’est pas grand chose par rapport à l’augmentation des dernières années», poursuit-il.

Pour garantir une certaine accessibilité des terres à la relève, M. Brien croit plutôt qu’on devrait s’inspirer d’une des propositions de l’autre candidat à la chefferie, Bernard Drainville. «J’ai vu M. Drainville proposer un 20% de prêt à long terme pour les personnes qui achètent une première résidence et selon moi, ça prendrait une mesure similaire pour la relève en agriculture», indique le président.

Mais ce n’est pas tout. Avec un âge moyen de 54 ans chez les agriculteurs, Michel Brien estime qu’il est aussi nécessaire d’agir au niveau du transfert des entreprises agricoles. «De plus en plus, la relève n’est pas nécessairement apparentée, alors quand un producteur veut vendre la ferme à parfois des neveux ou nièces, il n’y a aucun avantage fiscal pour aider à transférer la ferme. Ça devrait être regardé pour avoir des aides fiscales pour les producteurs vendeurs qui veulent transférer.»

Mettre l’économie régionale de l’avant

Pour venir en aide aux agriculteurs, Christine Fréchette propose également d’augmenter la présence des aliments québécois dans les établissements publics. Pour ce faire, «elle s’engage à renforcer la Stratégie nationale d’achat d’aliments québécois, à en élever ses cibles et à les rendre obligatoires».

Pour Michel Brien, il est impératif d’aller en ce sens. «Je crois que c’est absolument nécessaire. On a un bel exemple avec Moisson Estrie et le projet Viande solidaire. Moisson Estrie achète présentement ses œufs à Compton, ses carottes à Saint-François, les viandes viennent de Coaticook ou de Racine, rapporte le président. C’est un bel exemple d’institutions qui s’approvisionnent localement. La viande vient des producteurs de la région, est transformée en région et consommée en région.»

En Estrie, plusieurs producteurs agricoles, abattoirs et entreprises de transformation sont présents sur le territoire. C’est une richesse qu’on doit mettre à profit selon Michel Brien pour créer une économie régionale et un secteur agricole plus forts.