La candidate du Parti libéral du Québec dans Saint-François, Jacqueline Belleau, souhaite notamment améliorer l’accès aux services publics, soutenir davantage les organismes communautaires et accélérer la construction de logements abordables. En entrevue à CIGN FM, elle s’est également prononcée sur l’immigration, les tarifs douaniers et les projets éoliens envisagés dans la MRC de Coaticook.

À quelques jours du scrutin du 5 octobre, la candidate libérale affirme que les infrastructures municipales, le transport, la santé, l’éducation et le logement figurent parmi les principales préoccupations exprimées par les citoyens qu’elle rencontre.

«On sent beaucoup l’érosion constante de l’accès aux services dans la région», a-t-elle soutenu. Selon elle, plusieurs municipalités ont besoin d’un soutien accru de Québec pour renouveler leurs infrastructures, notamment les réseaux d’aqueduc.

Une expérience politique acquise sur le terrain

Jacqueline Belleau a travaillé comme adjointe auprès de l’ancienne députée et ministre fédérale Marie-Claude Bibeau. Cette expérience lui aurait permis de connaître les municipalités de la MRC de Coaticook et de mieux comprendre le partage des responsabilités entre les gouvernements municipal, provincial et fédéral.

La candidate, qui vit dans les Cantons-de-l’Est depuis 22 ans, a grandi en Indiana, aux États-Unis. Elle a étudié en sciences politiques et en français avant de poursuivre une maîtrise à l’Université de Genève. Elle a également travaillé pour les Nations Unies à Genève, en Arménie, à New York et en Serbie.

Jacqueline Belleau dit avoir été approchée directement par le chef libéral Charles Milliard pour porter les couleurs du parti dans Saint-François. Elle croit que son expérience politique et ses liens avec les communautés francophone et anglophone constituent des atouts pour représenter la circonscription.

Logement et immigration

La candidate libérale refuse d’attribuer uniquement la pénurie de logements à l’immigration. Elle estime que la situation est plus complexe et qu’elle découle de plusieurs facteurs.

Le Parti libéral s’est engagé à construire 40 000 logements sociaux et abordables sur une période de cinq ans. Jacqueline Belleau affirme que cette cible pourrait notamment être atteinte grâce à une meilleure collaboration avec les organismes à but non lucratif et à un recours accru aux habitations préfabriquées.

Elle considère par ailleurs que la politique québécoise en matière d’immigration doit être adaptée aux réalités de chaque région. Sans avancer de seuil précis, elle soutient que les besoins de la MRC de Coaticook diffèrent de ceux de Montréal.

Selon elle, plusieurs entreprises de la région, dont les commerces, les industries et les exploitations agricoles, dépendent de la main-d’œuvre immigrante. La capacité d’accueil, particulièrement en matière de logement et de services, doit toutefois demeurer au centre des décisions, a-t-elle précisé.

Les tarifs touchent indirectement les entreprises

Questionnée sur les effets des tarifs douaniers américains, Jacqueline Belleau a affirmé que peu d’entreprises de la région étaient entièrement épargnées.

Même lorsque leurs produits ne sont pas directement visés, les entreprises doivent composer avec l’augmentation du prix des matériaux et des biens provenant de leurs fournisseurs. La candidate dit notamment avoir discuté de ces enjeux avec la direction de l’entreprise Champeau, à Saint-Malo.

Elle évoque également une concurrence accrue de produits chinois vendus à bas prix au Canada, notamment dans le secteur du meuble, en raison des restrictions commerciales imposées par les États-Unis.

Jacqueline Belleau estime que l’expérience économique de Charles Milliard, ancien président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec, pourrait favoriser les échanges avec le gouvernement fédéral dans un contexte d’incertitude commerciale.

Les projets éoliens doivent obtenir l’adhésion de la population

La candidate libérale était présente à la rencontre d’information sur les projets éoliens tenue mardi à Coaticook. Elle dit y avoir constaté une communauté préoccupée et divisée.

Bien qu’elle se dise favorable au développement des énergies renouvelables, elle estime que les citoyens doivent obtenir des réponses claires sur les impacts, les risques et les retombées des projets.

«Le diable est dans les détails», a-t-elle résumé, ajoutant que l’acceptabilité sociale pourrait déterminer l’avenir de tout projet éolien. Elle réclame un véritable dialogue entre les citoyens, les élus et les promoteurs.

Un financement plus stable pour les organismes communautaires

Jacqueline Belleau souhaite également que les organismes communautaires puissent compter sur un financement plus stable et prévisible consacré à leur mission.

Elle déplore qu’une partie importante du temps de leurs employés soit consacrée aux demandes de subvention, à la reddition de comptes et aux tâches administratives plutôt qu’au travail sur le terrain.

La candidate cite notamment le travail des intervenants de rue et de la Corporation de développement communautaire de la MRC de Coaticook. Elle s’engage à soutenir les organismes qui interviennent en matière de pauvreté, d’itinérance et d’aide alimentaire.

D’ici au scrutin, Jacqueline Belleau prévoit poursuivre ses activités de porte-à-porte et multiplier les rencontres avec les citoyens. Elle estime que la course demeure serrée dans Saint-François.