La forte participation citoyenne a forcé les organisateurs à déplacer la rencontre dans une salle plus grande, mardi soir, à Coaticook. Plus de 200 personnes ont assisté à cette séance d’information consacrée au développement de la filière éolienne sur le territoire de la MRC.

Le maire de Coaticook et préfet de la MRC, Simon Madore, a reconnu que cette mobilisation témoignait de l’importance du dossier pour la population. Il a présenté les grandes lignes du règlement de contrôle intérimaire (RCI) qui encadrerait l’implantation d’éoliennes sur le territoire.

Selon lui, l’objectif de la MRC est d’établir des règles claires avant qu’un projet puisse aller de l’avant. Le préfet rappelle que la MRC agit comme responsable de l’aménagement du territoire et non comme promoteur du projet d’Innergex.

Le RCI peut encore être modifié par les élus avant son adoption, prévue cet automne. Simon Madore assure que les commentaires et les préoccupations exprimés par les citoyens seront considérés au cours de cette démarche.

Simon Madore défend la démarche de la MRC

Questionné sur les critiques concernant le manque de transparence, Simon Madore soutient que la MRC transmet les informations dont elle dispose au fur et à mesure de l’évolution du dossier.

Questionné sur la perception de la population, Simon Madore estime que le projet reçoit davantage d’appuis que d’opposition dans la région.

«Je pense qu’il y a plus de gens qui sont pour le projet», affirme-t-il.

Le préfet considère toutefois que plusieurs citoyens sont actuellement préoccupés par d’autres enjeux, comme l’augmentation du coût de la vie, des loyers, des services et des taxes municipales. Il estime donc que les personnes favorables au projet ne s’expriment pas nécessairement avec la même intensité que ses opposants.

Simon Madore reconnaît néanmoins que la proximité des installations demeure une préoccupation importante. Les citoyens veulent notamment savoir s’ils pourront apercevoir les éoliennes à partir de leur résidence, d’un chemin ou d’une école.

Il précise également que les questions concernant les caractéristiques précises du projet, les emplacements envisagés, les ententes avec des propriétaires et les retombées économiques doivent être adressées directement au promoteur.

La MRC, ajoute-t-il, doit plutôt déterminer les conditions dans lesquelles un éventuel projet pourrait s’intégrer au territoire. Elle doit aussi évaluer son acceptabilité sociale et trouver un équilibre entre le développement énergétique, la protection des activités agricoles, l’environnement et la qualité de vie des citoyens.

Des citoyens réclament davantage d’information

Porte-parole d’un comité citoyen, Joanne Beaudin estime néanmoins que plusieurs questions demeurent sans réponse. La résidente de Saint-Herménégilde dénonce particulièrement ce qu’elle considère comme un manque de transparence entourant les projets d’Innergex dans la région.

Elle dit avoir de la difficulté à comprendre pourquoi, devant le grand nombre de questions soulevées par les citoyens, les élus ont refusé de prolonger la période de questions d’une heure prévue à l’horaire.

Selon Joanne Beaudin, plusieurs personnes présentes auraient souhaité poursuivre les échanges afin d’obtenir davantage de précisions. Elle soutient qu’à la fin de la rencontre, de nombreux participants avaient encore des questions sans réponse.

Le comité ne s’oppose pas nécessairement à l’énergie éolienne, mais réclame une véritable consultation publique ainsi qu’un meilleur accès aux renseignements concernant les conséquences environnementales et les retombées économiques.

Les citoyens souhaitent notamment obtenir davantage d’information sur les effets possibles sur les puits et les nappes phréatiques, le bruit, les paysages, la faune, la valeur des propriétés et les activités agricoles.

Simon Madore affirme pour sa part que le processus n’est pas terminé et que les élus devront encore analyser les informations disponibles avant de prendre des décisions. Il soutient qu’aucun emplacement définitif n’a été choisi et que l’adoption du RCI ne constitue pas une autorisation automatique du projet d’Innergex.

Le projet actuellement étudié pourrait atteindre une puissance de 100 mégawatts. Une première zone vise Coaticook, Dixville et Saint-Herménégilde, où jusqu’à 20 éoliennes pourraient éventuellement être implantées.

Innergex tiendra une autre rencontre publique le 22 octobre afin de présenter l’évolution de son projet et de répondre aux questions portant sur ses caractéristiques, ses emplacements potentiels et ses retombées économiques.

Une distance de 1000 mètres proposée par l’UPA

Des représentants de plusieurs organisations ont participé à la rencontre, notamment Hydro-Québec, le ministère de l’Environnement, la Fédération québécoise des municipalités, Santé Québec Estrie et l’Union des producteurs agricoles (UPA).

L’UPA a indiqué qu’elle recommandait une distance séparatrice minimale de 1000 mètres entre une éolienne et une résidence ou un bâtiment d’élevage.

Selon les données présentées durant la rencontre, si cette recommandation était ajoutée aux contraintes déjà prévues dans le projet de RCI, environ 5% du territoire de la MRC demeurerait compatible avec l’installation d’éoliennes.

Cette superficie ne représente toutefois pas nécessairement les emplacements définitifs des installations. D’autres facteurs devront être considérés, dont le climat sonore, les milieux naturels sensibles, les infrastructures nécessaires et les autorisations de la Commission de protection du territoire agricole du Québec.