Au printemps 2025, des tensions à la frontière entre le Canada et les États-Unis avaient forcé la bibliothèque Haskell à créer une nouvelle entrée du côté canadien pour que les citoyens puissent y entrer. Un an plus tard, les travaux sont sur le point de se terminer et la nouvelle entrée peut maintenant être utilisée par les visiteurs canadiens de la bibliothèque.
La bibliothèque Haskell est bien particulière, elle est située directement sur la frontière canado-américaine à cheval entre la municipalité de Stanstead au Québec et celle de Derby Line au Vermont. L’entrée principale de la bibliothèque se trouvant du côté américain, les autorités frontalières toléraient que les visiteurs canadiens traversent la frontière à pied sur quelques mètres pour entrer dans le bâtiment.
En 2025, toutefois, des tensions à la frontière se sont faites sentir et la bibliothèque a pris la décision de transformer une porte de service inutilisée en nouvelle entrée du côté canadien. En cette fin avril, les travaux sont à «95% terminés» indique la présidente du conseil d’administration de la bibliothèque, Sylvie Boudreau. Même s’il reste quelques finitions à effectuer, la porte canadienne est désormais accessible aux visiteurs depuis mercredi.
Les travaux n’ont pas été de tout repos alors qu’il a fallu jongler avec les mesures de sécurité obligatoires à suivre et les contraintes imposées par le caractère patrimonial de la bibliothèque, mais heureusement, tout devrait être bouclé d’ici l’été. «Je suis vraiment contente, on est sur le dernier kilomètre du marathon», rapporte Mme Boudreau.
Le soutien de la communauté
Au total, le projet de porte canadienne à la bibliothèque Haskell aura coûté environ 700 000$. Près de la moitié de ce montant a été récolté grâce à des dons effectués par la communauté. Le soutien qu’a reçu l’établissement de la part des donateurs laisse Sylvie Boudreau sans mots. «C’est extraordinaire, encore une fois je le dis, on a tellement de gratitude, il n’y a pas de mots pour dire merci à tous les gens qui ont donné.»
Malgré les tensions entre le Canada et les États-Unis, la bibliothèque Haskell reste un lieu où la bienveillance prime, au grand bonheur de Mme Boudreau. «La bibliothèque, c’est un symbole d’unité et d’amitié entre les deux pays, les deux communautés. On en a tellement besoin en ce moment avec tout ce qui se passe», expose-t-elle.
Si la porte canadienne est maintenant accessible aux visiteurs, l’ouverture officielle et la coupe du ruban se fera en juin prochain, événement auquel les citoyens, autant canadiens qu’américains seront d’ailleurs invités.
*Image de couverture : site web de la bibliothèque Haskell