Après plusieurs jours de vives tensions, le gouvernement du Québec fait marche arrière dans le dossier du Projet de loi 15. Le ministre du Travail, Jean Boulet, a annoncé qu’une entente de principe était intervenue avec l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires afin de retirer l’amendement controversé.
Ce dernier prévoyait plafonner les honoraires facturés aux assureurs privés, en les limitant à ceux du régime public administré par la Régie de l’assurance maladie du Québec. Une mesure qui avait suscité une levée de boucliers dans le milieu, les pharmaciens estimant qu’elle mettait en péril leur modèle économique.
Dans la MRC de Coaticook, l’inquiétude s’était rapidement fait sentir. Plusieurs pharmaciennes avaient publiquement dénoncé la situation, évoquant des impacts potentiels sur les services offerts à la population.
«Je suis heureux d’annoncer qu’une entente de principe est intervenue entre l’AQPP et notre gouvernement afin de se pencher sur la question des coûts des médicaments de spécialité», a écrit le ministre Boulet sur la plateforme X en début de soirée lundi.
Malgré ce recul, la prudence demeure sur le terrain. La pharmacienne copropriétaire Marie-Ève Ouimette, affiliée à Jean Coutu, qui parlait récemment d’une «crise majeure», préfère attendre la suite des choses avant de se réjouir.
Elle accueille toutefois favorablement ce qu’elle qualifie de «virage à 180 degrés» de la part du gouvernement. Mme Ouimette tient également à remercier la population de Coaticook et des environs, qui a été nombreuse à appuyer les pharmaciens en participant à une pétition en ligne.
Rappelons que la situation s’était envenimée la semaine dernière lorsque le député de Québec solidaire, Alexandre Leduc, avait proposé un amendement visant à empêcher les pharmaciens de facturer aux assureurs privés des honoraires supérieurs à ceux du régime public.
L’Association québécoise des pharmaciens propriétaires dénonçait alors une menace directe à la viabilité financière des pharmacies, craignant notamment une réduction des services offerts aux patients.
Si l’annonce du gouvernement apaise temporairement les tensions, le dossier est loin d’être clos. Les pharmaciens attendent maintenant des gestes concrets pour assurer la stabilité du réseau et préserver l’accès aux soins de proximité.