Christian Bibeau sonne l’alarme. Le directeur général de Moisson Estrie a effectué une sortie médiatique musclée pour dénoncer le sous-financement chronique des organismes communautaires en sécurité alimentaire dans la région.
Dans une déclaration sans équivoque, Christian Bibeau rappelle l’ampleur du rôle joué par Moisson Estrie, l’une des plus importantes banques alimentaires du Québec. Chaque semaine, l’organisme assure la distribution de dépannages alimentaires, en plus de redistribuer près de 1,5 million de kilos de denrées par année à 73 organismes communautaires répartis sur l’ensemble du territoire estrien.
Au total, ce réseau vient en aide à près de 165000 demandes d’aide alimentaire chaque mois, un chiffre qui illustre, selon lui, l’ampleur grandissante des besoins. «Vous avez bien lu», insiste-t-il, soulignant que ces demandes combinent l’ensemble des services offerts tant par Moisson Estrie que par ses partenaires.
Mais derrière cette capacité d’action se cache une réalité préoccupante. Christian Bibeau se dit inquiet, pointant du doigt le manque de financement qui limite sérieusement les interventions sur le terrain. Plusieurs organismes communautaires offrant des services essentiels, comme les dépannages alimentaires, ne reçoivent tout simplement aucun financement pour soutenir leurs activités.
«Combien de temps cette situation pourra-t-elle durer?» questionne-t-il, évoquant le risque bien réel de voir certains organismes réduire ou cesser leurs services faute de ressources.
Au fil des dernières années, Moisson Estrie a multiplié les initiatives pour soutenir son réseau : appui à des projets d’infrastructures, fourniture d’équipements, livraison gratuite des denrées à l’extérieur de Sherbrooke. Des efforts significatifs, mais qui demeurent limités par les moyens disponibles, alors que seulement 20 % du budget de l’organisation provient de fonds publics.
Pour Christian Bibeau, les organismes communautaires jouent un rôle irremplaçable. Présents là où les institutions peinent parfois à intervenir, ils constituent un véritable filet social pour les populations les plus vulnérables, tout en contribuant à la défense de leurs droits.
Or, prévient-il, ce filet est en train de se fragiliser dangereusement. Sans une intervention rapide et concrète du gouvernement québécois, c’est tout un pan des services sociaux qui risque de s’effondrer. «Ne scions pas la branche sur laquelle nous sommes assis», lance-t-il, appelant à une prise de conscience urgente des décideurs publics.