Le huitième budget déposé mercredi par le ministre des Finances, Éric Girard, provoque de la déception et des inquiétudes à Coaticook. Le financement des infrastructures relevant du gouvernement provincial et l’aide aux organismes communautaires jugée insuffisante font notamment des mécontents dans la MRC. 

Le maire de Coaticook, Simon Madore, se dit «amer» à la suite du dépôt du budget provincial 2026-2027. Selon lui, les villes devront continuer de jongler avec leurs dépenses municipales, et celles imposées par le gouvernement du Québec.

«C’est sûr que ce n’est pas un budget agréable pour les municipalités. [Il y a une] tendance du gouvernement depuis quelques années de tout relier aux municipalités, ce qui se disent c’est qu’on a juste à charger un peu plus cher de taxes et qu’on va payer les infrastructures, le communautaire. On le voit à Coaticook que ces secteurs ont été coupés et là, eux ils se retournent vers le municipal pour demander de l’aide», explique-t-il.

Le maire donne un exemple flagrant pour illustrer ses propos : un organisme de Coaticook a perdu une travailleuse de rue cette semaine après la perte de financement fédéral et provincial.

Pas un puit sans fond

Simon Madore déplore qu’une telle pression soit imposée au pallier municipal. «Les municipalités, ce n’est pas un puit sans fond, c’est l’argent de nos citoyens. On doit se débattre avec l’argent qu’on a pour avancer les projets, expose le maire. Non seulement on ne peut pas faire de magie, mais ce sont des infrastructures qui ne nous appartiennent pas. Par exemple, quand s’érige un nouveau CPE où un projet comme ça, la Ville de Coaticook contribue en donnant, par exemple, un terrain ou des infrastructures alors que ça relève directement du gouvernement du Québec», ajoute-t-il.

Selon M. Madore, la gestion financière du gouvernement provincial vient aussi mettre une pression sur les contribuables. «Nos citoyens se retrouvent à payer deux fois parce qu’on paie en taxes et en impôts et les municipalités taxent plus haut parce qu’on doit faire vivre ces infrastructures-là. Alors quand on voit un budget comme ça, c’est difficile à accepter.»