Plus de 12000 parents ont participé à la troisième édition de l’enquête nationale sur le bien-être des familles québécoises, dont les résultats ont été dévoilés par Mélissa Généreux, professeure titulaire à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke.

Malgré une légère amélioration de la qualité de vie observée cette année, l’étude met en lumière plusieurs enjeux préoccupants, notamment en matière de santé mentale, d’utilisation des écrans et de défis vécus à l’école, tels que l’anxiété sociale, la violence et la discrimination.

Menée par la Fédération des comités de parents du Québec et l’Association des comités de parents anglophones, en collaboration avec l’Association pour la santé publique du Québec et École branchée, l’enquête repose sur un sondage réalisé en ligne du 2 au 13 février 2026. Comparable aux éditions précédentes, cet échantillon permet de suivre l’évolution des tendances observées depuis 2024.

Une santé mentale préoccupante, surtout au secondaire

Parmi les constats marquants, la santé mentale et la qualité de vie perçue se détériorent au secondaire, particulièrement chez les filles. L’étude souligne également des inégalités importantes selon le type d’établissement fréquenté, les élèves du secteur public sans programme sélectif étant plus à risque de vivre des difficultés.

L’anxiété sociale demeure bien présente, surtout chez les enfants ayant des besoins particuliers, ce qui soulève des préoccupations quant à l’adaptation des milieux scolaires à cette réalité.

Violence et climat scolaire sous surveillance

Les données révèlent aussi que les indices de violence à l’école, incluant le sentiment d’insécurité, l’intimidation et la discrimination, sont plus fréquemment rapportés chez certains groupes d’élèves. Les jeunes ayant des besoins particuliers sont particulièrement touchés : 22 % d’entre eux seraient souvent victimes d’intimidation ou de discrimination, comparativement à 8% chez les autres élèves du primaire.

Par ailleurs, l’étude met en lumière certaines perceptions parentales divergentes, notamment en matière de diversité à l’école. Les pères se montrent en moyenne moins ouverts que les mères face aux différentes identités de genre, religions et orientations sexuelles.

Les écrans au cœur des préoccupations familiales

Comme lors des éditions précédentes, les écrans demeurent la principale source d’inquiétude pour les parents. Toutefois, en 2026, ce n’est plus tant le temps d’écran qui préoccupe, mais bien l’influence du contenu en ligne.

Environ un enfant sur quatre présenterait un usage à risque ou problématique des écrans, une proportion qui augmente au secondaire. Cette réalité se reflète également dans les dynamiques familiales : près de la moitié des familles vivent des conflits liés à la gestion des écrans, et ce, même chez les enfants du primaire.

Des préoccupations qui évoluent avec l’âge

Les préoccupations des parents varient selon le niveau scolaire des enfants. Au primaire, le bien-être global des enfants et des parents demeure au centre des inquiétudes. Au secondaire, les enjeux se déplacent: les parents s’inquiètent davantage du parcours scolaire chez les garçons, tandis que la santé psychologique des filles devient une priorité.

À cela s’ajoute une réalité économique préoccupante : un quart des parents identifient leur situation financière comme un facteur d’inquiétude, ce qui peut avoir des répercussions directes sur le bien-être familial.

Des attentes envers les décideurs

Les partenaires de l’enquête espèrent que ces résultats permettront de mieux orienter les actions à venir. Ils souhaitent notamment une mise à jour des recommandations de la Commission spéciale sur les écrans, ainsi qu’une meilleure adaptation des ressources scolaires en fonction des besoins des élèves, particulièrement pour ceux ayant des besoins particuliers et fréquentant le réseau public.