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8 trucs pour faire des rénovations plus écologiques

Crédit du texte : René-Maxime Parent pour soumissionrénovation.ca

1. Démystifier certains mythes sur les rénovations écologiques : 

  • Les projets de rénovation verts sont complexes et nécessitent des services spécialisés, comme la géothermie, la récupération des eaux grises, etc.

En fait, il existe plusieurs façons simples de rendre votre projet plus vert. Il ne suffit que d’opter pour une peinture sans COV, pour des fenêtres plus efficaces ou pour une robinetterie qui permet une consommation réduite en eau.

  • Les produits verts sont inférieurs aux produits standards sur le plan de la qualité et de la fiabilité.

En fait, par rapport aux produits traditionnels, les produits écologiques sont de qualité égale, voire supérieure.

  • Les produits verts sont beaucoup plus chers que les produits standards. En fait, les projets de rénovation génèrent deux types de coûts : la main-d’œuvre et les matériaux.

Que votre projet soit vert ou non, le coût de la main-d’œuvre demeure le même. Quant aux matériaux verts, leur prix s’apparente souvent à celui des produits traditionnels. Certains produits écologiques sont 10 à 15 % plus chers, mais cette légère différence de prix est très souvent contrebalancée par les économies d’énergie et la valeur ajoutée à votre maison.

  • La rénovation ne représente pas de grandes répercussions sur l’environnement, il ne vaut donc pas la peine d’entreprendre un projet vert.

Selon l’Association provinciale des constructeurs d’habitation du Québec, le secteur de la construction représenterait 20 % de la consommation d’énergie primaire. Ce secteur est à l’origine de 20 à 25 % des déchets des centres d’enfouissement et de 5 à 12 % de la consommation d’eau. Faible en tant que pourcentage, mais exorbitant par rapport aux dommages causés à l’environnement, surtout si l’on peut réduire cet impact par l’emploi de solutions vertes connues.

  • Du bois, c’est du bois !

En fait, il existe plusieurs variétés de bois. Assurez-vous que les arbres ont été abattus de manière responsable en vous fiant à la certification. Vous pouvez également utiliser le bambou. Il s’agit d’une herbe qui atteint sa maturité en aussi peu que sept ans et qui pousse n’importe où sans engrais, en plus de rejeter plus de 35% d’oxygène dans l’air. 

2. Adopter les « 3R » : réduire, réutiliser, recycler

2.1 La réduction :

Puisque le meilleur déchet pour l’environnement est celui qu’on ne produit pas. Cette action exige une production responsable et de réfléchir à nos choix de production et de consommation en ciblant les produits non polluants et récupérables. Pour la rénovation, demandez-vous si vous ne pouvez pas garder certains éléments au lieu de tout remettre à neuf ? Dans certains cas, de tout changer vous permet de faire d’autres types d’économies, d’eau ou d’énergie par exemple. L’important est d’entrevoir toutes les possibilités avant de donner le feu vert pour un projet de rénovation.

2.2 La réutilisation :

Puisque les déchets des uns font le bonheur des autres. Cette action consiste à remettre en usage un produit consommé et de redonner une nouvelle vie à cet objet. On peut penser à la troisième économie : organisation d’une vente de garage, restauration de vêtements dans les friperies, utilisation de peinture usagée, fabrication de nouveaux objets avec de vieux objets, ainsi qu’à la consommation de produits alimentaires dont la date de péremption est dépassée de quelques jours. Pour la rénovation, pensez au réemploi en vous référant au site internet : www.renocyclage.org

2.3 Le recyclage :

Puisque nos déchets sont des ressources. Cette action consiste à prendre en compte que nos déchets sont des ressources en redonnant vie à la matière tout en évitant ou en réduisant l’utilisation de nouvelles matières. Qu’allez-vous faire de vos déchets de rénovations, de vos restants de peinture, etc. ?

3. Avoir recours aux aides financières pour rénovations écologiques

Au niveau municipal, certaines villes offrent de l’aide financière additionnelle aux subventions existantes. À Montréal, il existe plusieurs programmes en lien avec : l’acquisition d’une propriété, les programmes de rénovations, la stabilisation des fondations, les habitations urbaines pour familles, les logements adaptés pour aînés autonomes, l’adaptation de domicile pour handicapés, le logement social et communautaire. À Québec, un programme d’aide est offert dans divers domaines, dont l’environnement et le bâtiment résidentiel. À Laval, plusieurs programmes sont offerts en lien avec : le baril de récupération d’eau de pluie, le composteur domestique, la toilette à faible débit et les travaux dans les quartiers plus anciens. Il existe des programmes similaires dans d’autres villes du Québec et pour le milieu rural, la Société d’Habitation du Québec (SHQ) offre un programme d’aide à la rénovation pouvant atteindre 95 % du coût sans toutefois dépasser 12 000 $.

Au niveau provincial, Revenu Québec a reconduit pour 2018-2019 le crédit d’impôt à la rénovation : RénoVert. Ce programme est offert aux propriétaires-occupants et concerne des travaux de rénovation sur leur habitation principale. Seul un entrepreneur reconnu doit réaliser les travaux à la suite d’une entente conclue après le 31 mars 2017 et avant le 1er  avril 2018. Le crédit rembourse 20 % des dépenses encourues en rénovation, à partir d’un investissement de 2 500 $ et pour un maximum de 10 000 $. Consultez la liste des travaux de rénovation écoresponsable reconnus

À cela, s’ajoutent plusieurs programmes pour :

L’efficacité énergétique

  • Rénoclimat
  • Éconologis
  • Chauffez Vert
  • ENERGY STAR

Les appareils écoénergétiques

  • Recyc-Frigo
  • Frigoresponsable)

Et offert par les institutions financières

  • Offre habitation verte avec Desjardins
  • Programme de reconnaissance écologique HypothÉco avec Desjardins
  • Programme Écovie avec Banque Scotia,
  • Hypothèque verte sur valeur domiciliaire verte avec TD Canada Trust 

4. Utiliser les ressources mises à votre disposition

Si la Maison du développement durable, la « Masdar City » et les projets d’architecture verte allemands et hollandais constituent des prototypes qui font progresser les rénovations écologiques, à petite échelle, une foule de ressources sont mises à votre disposition.

N’hésitez pas à consulter les outils suivants :

À noter que le Québec est la province qui compte le plus d’habitations LEED au Canada, selon les statistiques publiées par Écohabitation au mois de février 2016. Le système d’évaluation LEED pour les habitations est une marque d’excellence reconnue internationalement. En plus d’être le fournisseur de services le plus expérimenté au Canada, Écohabitation offre le service d’évaluation en langue française.

5. Employer des éco-matériaux

Selon Écohabitation, nous ingérons chaque jour environ 1 kg de nourriture, buvons 3 kg de liquide et respirons jusqu’à 17 kg d’air, ce qui nous rend vulnérables à l’absorption de polluants. Omniprésents dans notre environnement, les polluants seraient en cause dans l’augmentation du nombre de cas d’asthme, de leucémies, de tumeurs au cerveau et de cancers divers lors des 20 dernières années. Ce nombre a doublé et même triplé dans certains cas. L’étude Écotoxicochimie des hydrocarbures parue en 2013 stipule que la production chimique mondiale est passée de 1 million de tonnes à plus de 400 millions de tonnes de 1930 à 2000. Choisir des écomatériaux fait partie de la solution afin de ne pas être exposé à ces polluants.

Selon LaPresse, il est conseillé d’opter pour les matériaux suivants :

  • Panneau de fibre de bois : matériau constitué de copeaux de bois idéal pour couper les ponts thermiques, en couvrant de colombage des murs. Il remplace le panneau de polystyrène, issu de la pétrochimie, non recyclable et laissant moins bien diffuser l’humidité;
  • Dalle de verre-plastique : matériau constitué de sacs de plastique d’épicerie et du verre de collecte sélective parsemé de débris de porcelaine prend la forme de dalles et de pavés;
  • Planche de plastique recyclé : matériau constitué des contenants de shampoing, de lessive, de jus, de lait, de yogourt, etc. que vous déposez dans votre bac vert de recyclage. Très durable et exigeant peu d’entretien, ce matériau de construction est indiqué pour la réalisation de patios;
  • Laine de bois ou de fibre textile : matériau constitué de copeaux de bois prenant la forme de nattes isolante en laine qui séquestre le carbone et ne contamine pas la charpente de la maison comme le fait le polyuréthane giclé. Il existe d’autres types de nattes constituées de fibres textiles de chanvre et de lin, de cellulose à tisser en matelas et de laine de mouton, qui remplaceraient la laine de verre et la laine de roche.

6. Ne fumez pas le chanvre, ce matériau !

Selon un article de La Presse, la technique pratiquée par Anthony Néron d’Art du chanvre et par Gabriel Gauthier d’ArtCan consiste à isoler les murs et les plafonds en chanvre avant de les finir à la chaux. Aujourd’hui, ils ont chacun une centaine de maisons à leur actif, rénovées ou construites complètement en chanvre. S’il ne se démarque pas par sa valeur isolante, une valeur de R25 alors que la valeur R24 est exigée par le Code du bâtiment, on choisit le chanvre pour sa masse thermique.

Ce matériau a une capacité à emmagasiner la température, chaude ou froide, et à l’irradier. De plus, il aide à gérer l’humidité. « Alors que la seule fonction du mur ordinaire est une barrière, le chanvre va davantage régulariser la température et gérer l’humidité. Toute l’année, la maison est très stable. Elle va se maintenir à 21 degrés Celsius sans être énergivore », confie Anthony Néron.

Selon un autre article de La Presse, un propriétaire de Montréal a fait appel à Anthony Néron lors de la rénovation de son logement. Ce dernier lui a proposé d’utiliser des blocs de béton de chanvre plutôt que d’opter pour un isolant traditionnel.

Fabriqués de manière artisanale, ces blocs représentent une méthode propre et saine qui, en plus d’être durable, permet de réguler la température dans la maison toute l’année. Une fois l’isolation terminée, Anthony Néron a recouvert les murs sans avoir recours au gypse. « Il s’agit d’une finition à la chaux et au sable, enduite à la truelle », explique-t-il.

7. Sauvez l’eau !

Certains climatosceptiques pourraient tenter de vous faire croire qu’avec la fonte des glaces aux extrémités du globe, l’humanité va avoir accès à plus d’eau potable. Rien de plus faux, puisque les courants marins qui régularisent la température des eaux vont ralentir au point de cesser leur cycle autour du globe, transformant les océans en masse d’eau stagnante. Même si le Québec et le Canada disposent d’un vaste réseau de lacs et de rivières, il est important de ne pas gaspiller cette ressource vitale pour toute l’humanité.

Selon la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE), rappelle Écohabitation, il est obligatoire de traiter les eaux usées avant de les « relâcher » dans le milieu naturel parce que ces eaux sont chargées en micro-organismes, en carbone, en azote et en phosphore. Ces éléments rejetés sans contrôle perturbent les écosystèmes et polluent l’environnement, en plus de représenter un danger potentiel pour la santé.

En ville, cette action est assurée par le réseau municipal via un système de tout à l’égout : toute l’eau récoltée est acheminée vers une usine de traitement, appelé l’« assainissement collectif ». Cependant, si vous habitez une zone rurale ou une petite collectivité, il est fort probable qu’il n’y ait pas de service municipal. Une installation doit donc traiter et évacuer les eaux usées sur votre propre terrain. 

Selon Écohabitation, chaque Québécois consomme 380 litres d’eau potable par jour, dont plus du tiers se retrouve directement dans les toilettes. De ce fait, une des manières les plus efficaces de réduire la consommation d’eau potable dans votre maison est de remplacer votre toilette à grand volume pour un modèle à très faible débit.

Ce changement va entraîner des économies d’énergie au niveau du chauffe-eau, du pompage et du traitement de l’eau en usine. Au Québec, la production d’un mètre cube d’eau potable coûte en moyenne 1,51 $. Ainsi, des économies d’eau de 20 % pourraient représenter des économies de 2 milliards de dollars sur 20 ans.  

8. Penser au toit vert

Vous avez probablement déjà entendu le terme « îlot de chaleur ». Selon Écohabitation, il s’agit d’un problème causé par la quantité imposante d’infrastructures urbaines : routes, stationnements, bâtiments et leurs toitures faits de matériaux imperméables tels que l’asphalte et le béton.

Ayant une faible capacité réflexive, ces matériaux emmagasinent beaucoup d’énergie au cours de la journée et la restituent ensuite sous forme de chaleur. Ainsi, la température de ces zones est beaucoup plus élevée, jusqu’à 12 degrés de plus. Ce phénomène provoque des problèmes de santé publique et une augmentation de la consommation d’énergie.

Avec le toit végétalisé, vous recouvrez de verdure des superficies qui contribuent aux îlots de chaleur, ce qui tempère le bâtiment de manière efficace, agissant comme une zone tampon, climatisant l’été et isolant l’hiver.

En plus de combattre les îlots de chaleur, le toit vert réduit le ruissellement des eaux de pluie et l’engorgement des égouts. Avec ses plantes et son substrat plus ou moins épais, il capte les poussières volatiles, augmente les surfaces urbaines de culture et offre de nouveaux habitats pour les oiseaux, papillons et abeilles.

Son coût varie entre 10 $ et 120 $ le pied carré, en fonction de la complexité de la toiture en prévoyant des coûts supplémentaires pour l’amélioration architecturale et le drainage. Pourquoi ne pas ajouter une terrasse au cœur de ce ciel bleu ? N’est-ce pas l’endroit idéal pour partager un repas entre amis, à la cime des plantes de votre toit et des bâtiments de votre quartier ?